Les Républicains se pantent ils au

Les baisses d’impôts au Kansas: un échec?

Kansas

La gauche (menée par Paul Krugman) mène présentement une offensive contre lacourbe de Laffer en prenant le Kansas comme contre-exemple. En 2012, le gouvernement de cet État mené par le Républicain Sam Brownback a instauré des réductions d’impôts dans le but de stimuler la croissance. Ces réductions seront mises en place entre 2013 et 2018. Jusqu’à maintenant, le Kansas a continué de tirer de l’arrière en ce qui concerne notamment la création d’emplois comparativement à la moyenne nationale. Est-ce là une preuve que les réductions d’impôts ne sont pas un moyen efficace de relancer une économie?

 

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L’emploi

Tout d’abord, il est intéressant de comparer le Kansas à son voisin le Missouri. La ville de Kansas City est d’ailleurs à cheval sur les deux États. Dans cette ville, depuis 2012, la création d’emplois a été supérieure du côté du Kansas à ce qu’elle a été du côté Missouri. Par ailleurs, le taux de chômage a diminué significativement plus dans l’état du Kansas que du Missouri, à un niveau enviable de seulement 4.4% présentement (versus 5.9% au niveau national).

 

On peut d’ailleurs comprendre que comme le Kansas avait un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale (et à la Californie qui est à 7.3%), il est normal que la création d’emploi en reprise économique y soit inférieure aux états où la récession a été la plus sévère. D’ailleurs, le taux de chômage du Kansas est présentement nettement inférieur à ceux de la Californie et de New York, qui ont des taux d’imposition beaucoup plus élevés.

 

D’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’en observant l’emploi total, on inclut la fonction publique, qui au Kansas a été réduite de -1.4%, alors que le nombre de fonctionnaires a augmenté au niveau national. L’emploi privé (excluant la fonction publique) a mieux fait au Kansas depuis les réductions d’impôt.

 

Loin d’un paradis fiscal

Même après la première vague de réductions d’impôts, le taux d’imposition du Kansas demeure relativement élevé, surtout comparativement à certains de ses voisins. Le taux actuel de 4.9% demeure plus élevé que celui du Colorado (4.6%), alors que le Texas, le Dakota du Sud et le Wyoming n’ont pas d’impôt sur le revenu. Donc, ces réductions d’impôts ne font que réduire l’écart entre le Kansas et ses voisins, sans toutefois rendre cet État soudainement attrayant d’un point de vue fiscal. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la taxe de vente a été augmentée.

 

Autres indicateurs

Depuis le quatrième trimestre de 2012, le revenu personnel a augmenté de 2.92% au Kansas versus 2.85% pour la moyenne nationale, ce qui est supérieur à tous les états voisins excepté le Colorado. En terme de salaires moyens hebdomadaires, ils ont augmenté de 4.82% au Kansas, plus de 4 fois plus qu’au Missouri, 7 fois plus qu’au Nebraska et 4 fois plus qu’en Oklahoma.

 

Baisse des revenus de taxation

En conséquence des baisse d’impôts, les revenus de taxation ont diminué comparativement à 2012. Ceci dit, il ne faut pas oublier que 2012 avait été une année exceptionnelle. En raison d’une augmentation de l’impôt sur les gains en capitaux au niveau fédéral, les contribuables se sont empressés d’encaisser ces gains en 2012 plutôt qu’en 2013 pour réduire leur facture fiscale, ce qui a généré une grande entrée de fonds en 2012. La baisse de revenus en 2013 n’est donc qu’un redressement de cette anomalie.

 

Laissons leur un peu de temps…

Les baisses d’impôts viennent à peine d’être mises en place et ne le seront complètement qu’en 2018. Est-il vraiment raisonnable d’avoir espéré des résultats spectaculaires après seulement 2 ans? Les gens auront davantage d’argent dans leurs poches, qu’ils pourront utiliser pour rembourser leur dettes, mais aussi pour consommer et investir, ce qui créera éventuellement des emplois. C’est plutôt en 2020 ou même 2025 que l’on pourra vraiment évaluer l’impact économique des baisses d’impôts de Sam Brownback.

 

Par ailleurs, l’économie du Kansas n’est pas un vase clos. Il se peut bien qu’une part de ces économies d’impôts soit utilisée pour consommer des biens produits ailleurs aux États-Unis ou investir dans des entreprises situées hors du Kansas, contribuant ainsi à l’économie nationale. Il serait d’ailleurs normal que ce capital aille dans les états où le taux de chômage est plus élevé et où la main d’oeuvre est possiblement moins chère, d’autant plus que le taux d’imposition des entreprises demeure plus élevés au Kansas que la moyenne nationale. Dans cette perspective, il est normal de ne pas assister à embellie significative seulement deux ans après ces mesures.

 

Cependant, on peut questionner la manière utilisée pour financer ces baisses d’impôts. À cet égard, il semblerait que l’administration Brownback a coupé dans l’éducation plutôt que dans la bureaucratie, ce qui pourrait s’avérer contre-productif.

 

Ceci dit, les chiffres à plus long terme sont éloquents. Au cours des deux dernières décennies, les 9 états qui n’ont pas d’impôt sur le revenu ont bénéficié du double de croissance de population et plus du double de croissance des revenus comparativement aux états ayant les taux d’imposition les plus élevés. Entre 1990 et 2014, le Texas et la Floride, les deux plus gros états sans impôt, ont observé une croissance de l’emploi de 65% et 45% respectivement, ce qui se compare favorablement à la Californie (+24%) et à New York (+9%), dont les taux d’imposition sont très élevés.

En somme, la gauche devrait mettre les choses en perspective avant de tirer des conclusions aussi hâtives…

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Et si la Grèce larguait les amarres?

Comment la Grèce pourrait larguer les amarres de l’euro

Les négociations entre le gouvernement grec et la Troïka ressemblent toujours à un dialogue de sourd. Alors, au jour le jour, le gouvernement d’Alexis Tsipras calcule s’il a encore des expédients pour rembourser la prochaine tranche de dette… L’image n’est pas sans rappeler celle d’un sportif dans une course de haies, trébuchant sur chaque obstacle mais n’ayant pas encore complètement perdu l’équilibre.

grèce,faillite,monnaieA moins d’une hypothétique renégociation de la dette grecque, que ses créanciers lui interdisent afin de sauvegarder leur propre bilan, le jeu se terminera bientôt. Mais sa conclusion pourrait prendre une autre forme que le Grexit, le Graccident et tous les autres vocables plus ou moins effrayants inventés pour évoquer les différents scénarios.

Contre toute attente, la sortie de la Grèce de la zone euro pourrait avant tout être progressive. Et elle pourrait même ne pas être décidée officiellement par les politiciens.

La décision surviendra non pas lorsque la Grèce n’aura plus assez d’argent dans les caisses pour payer ses créanciers, mais lorsqu’elle n’en aura plus assez pour payer à la fois ses créanciers et ses engagements intérieurs, une étape qui interviendra forcément avant.

Si la Grèce n’a plus qu’un milliard d’euros en caisse et qu’elle en doit un au Fonds Monétaire International et un autre en versement de pensions et salaires, traitement de ses fournisseurs, etc., que faire? Qui aura l’argent et qui n’aura rien?

Sur la base de ce qu’il a fait par exemple début mars en décidant de piller les fonds de pension de retraite pour payer une échéance du FMI, nous savons que le gouvernement grec prendra probablement une décision en faveur de l’international. Entre les obligations intérieures d’une part et les créanciers internationaux d’autre part, le gouvernement grec a jusqu’ici clairement décidé de sacrifier les premiers en faveur des seconds.

Mais que se passera-t-il lorsqu’il n’y aura plus d’euros dans les caisses et que tous ceux qui y reviennent seront entièrement phagocyté par le paiement de la dette publique? Que fera le gouvernement grec pour toutes les autres dépenses courantes? Supprimera-t-il d’un coup les rentes des retraités, des chômeurs, le salaire des fonctionnaires, le paiement de ses fournisseurs? On peut le concevoir, mais cette trajectoire risque de provoquer des troubles civils énormes, des faillites en cascade, voire un danger immédiat pour le régime – les militaires devenant parfois une catégorie de personnel assez chatouilleuse lorsqu’ils ne sont plus payés…

Le plus simple pour donner le change à la place serait d’émettre des reconnaissances de dettes. La méthode fut employée à de nombreuses reprises de part le monde – jusqu’en Californie où les affrontements politiques autour du budget, bloquant tous les paiements, amenèrent l’Etat fédéré à émettre des IOU (pour « I owe you », « Je te dois ») en guise de salaires pour ses fonctionnaires en attendant que la situation se débloque.

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Un IOU californien de 2008 (cliquez pour agrandir)

En Grèce, la chose se pratiquerait quasiment de la même façon. Plutôt que de payer 1’000 euros à un fonctionnaire, ce dont il serait bien incapable, le gouvernement grec lui donnerait plutôt un certificat – officiel, signé, sur un joli papier à motif etc. – inscrivant une dette de 1’000 euros au porteur. Ou peut-être dix certificats de reconnaissance de dette de 100 euros, histoire de rendre les transactions plus pratiques…

On l’aura compris, ces reconnaissances de dettes seraient de facto une nouvelle monnaie.

Compte tenu de l’attachement des Grecs à l’euro il n’est pas certain que le gouvernement d’Alexis Tsipras ose nommer ses reconnaissances de dettes « nouvelle drachme » ou quoi que ce soit qui évoque trop ouvertement une monnaie alternative, même si dans les faits elle joue exactement ce rôle. Mais que la nouvelle monnaie s’intitule à nouveau « drachme », « G-euro » ou quoi que ce soit d’autre n’a finalement aucune importance.

La coexistence en Grèce de l’euro avec une seconde monnaie officielle purement locale n’a rien de nouveau ; l’idée fut suggérée dès 2012 par un économiste de la Deutsche Bank. Mais elle semble avoir fait son chemin durant ces quelques années puisque c’est désormais par le biais de responsables européens qu’elle reviendrait sur le devant de la scène, selon des discussions formulées il y a moins d’une semaine.

La monnaie-papier n’est, par essence, rien d’autre qu’une reconnaissance de dette. Cette dette était initialement sensée être remboursable contre un équivalent-or auprès d’une banque centrale mais, depuis l’abandon de la convertibilité, la monnaie-papier a perdu toute signification. La seule caractéristique qu’elle conserve encore est celui du monopole légal. Dans la zone euro, les reconnaissances de dettes émises par la banque centrale européenne, c’est-à-dire les euros, doivent être acceptés comme moyens de paiement. Un commerçant doit afficher ses prix en euros et ne peut théoriquement pas refuser le paiement d’une marchandise contre des euros.

On s’en doute, la nouvelle monnaie émise par le gouvernement grec n’aurait pas cette qualité, en particulier hors des frontières. Mais à l’intérieur du pays, elle trouvera forcément un usage – ne serait-ce que parce que beaucoup de gens n’auraient rien d’autre pour payer. Quel sera le cours entre cette nouvelle monnaie et l’euro? Quel « montant scriptural de reconnaissances de dettes en euro de l’Etat grec » faudra-t-il aligner pour acheter un bien vendu à 100€? Certainement pas cent, on s’en doute, puisque pareille transaction reviendrait à échanger à 1 pour 1 une monnaie ayant court dans toute la zone euro contre une autre ne valant qu’en Grèce. Mais alors combien? Cent vingt? Cent cinquante? Mille? A ce stade, c’est pure spéculation. Cela dépendra non seulement des circonstances mais aussi du volume de nouvelle monnaie émis par le gouvernement – et à beaucoup de montagnes russes alors que la Grèce continue à s’empêtrer dans la crise économique.

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Projet de billet de 500 Nouvelles Drachmes selon une étude du gouvernement grec

L’émission de reconnaissances de dettes par le gouvernement grec fera à nouveau de lui un émetteur de monnaie-papier, au minimum auprès de son public captif (fonctionnaires, fournisseurs, bénéficiaires de rentes), ce qui lui restituera un attribut de souveraineté abandonné lors du passage à l’euro.

Évidemment, l’euro authentique continuera d’avoir cours en Grèce et sera activement recherché, mais seuls les touristes et les acheteurs étrangers permettront de s’en procurer. Il en faudra pourtant, non seulement pour payer des marchandises importées en Grèce (comme du carburant) mais aussi parce que l’Etat grec, toujours autant aux abois lorsqu’il s’agira de payer le remboursement partiel de la monstrueuse dette publique grecque, devra en disposer en quantité suffisante lors des échéances. La dette publique grecque a été creusée en euros, elle devra être payée en euros aussi longtemps qu’il est possible…

Comme on imagine aisément, l’arrivée d’une monnaie locale ne mettra de loin pas un terme aux problèmes financiers de l’Etat grec. Elle ne sera au mieux qu’un pis-aller et représentera surtout un point de non-retour. Si cette monnaie apparaît parce que l’Etat grec est en cessation de paiement en euro, on voit mal comment la situation pourrait s’améliorer alors même que cette nouvelle monnaie, sans cours à l’international, se répand progressivement dans les rouages économiques du pays. L’euro ne subsistera que dans quelques secteurs particuliers comme le tourisme et l’industrie d’exportation.

Si l’arrivée de la nouvelle monnaie donne un peu de répit à Athènes, il arrivera assez vite un moment où les reconnaissances de dettes auront fait un tour complet jusqu’à revenir dans les caisses du gouvernement. Les citoyens grecs s’empresseront d’utiliser cette nouvelle monnaie en priorité pour payer leurs impôts, et on voit mal comment l’Etat grec pourrait refuser une promesse qu’il émet lui-même! Les rentrées fiscales en euro s’étioleront rapidement et deviendront donc trop faibles pour permettre le remboursement de la dette publique. On reviendra donc au point de départ de la crise, le défaut grec.

Malgré tout, on ne peut exclure totalement l’hypothèse de l’émergence d’une monnaie grecque locale. Il s’agirait certes d’une hérésie pour les puristes de l’euro mais apparemment cette perspective est envisagée en haut lieu. De plus, cette solution à deux monnaies, relativement facile à mettre en place, aurait l’avantage de proposer une alternative – fut-elle temporaire – à la cessation de paiement pure et simple. Lorsqu’un gouvernement navigue autant à vue au jour le jour que l’équipe d’Alexis Tsipras, tous les expédients semblent sur la table pour gagner encore quelques semaines, quelques mois…

Dans la crise de la dette publique, procrastination et chemin de moindre résistance sont les deux principes majeurs qui ont prévalu jusqu’ici ; ceux-ci passent par la création d’une nouvelle monnaie en Grèce. Voilà pourquoi la nouvelle drachme pourrait bien faire son apparition, alors que les choses se précipitent.

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Tous pour la Taxe sur les Transactions Financières????????????

Pozzo di Borgo, l’UDI converti à la TTF ?

Vous connaissez, vous, le nom de votre sénateur ? C’est pas évident, vu que seuls les grands électeurs votent pour mettre au Palais du Luxembourg ces politiciens aguerris, et rompus à toutes les subtilités de la vie publique.
Du coup, pas sur que vous ayez entendu parler d’Yves Pozzo di Borgo, sénateur, élu (UDI) à Paris, vice président de la Commission des Affaires européennes.
Les militants parisiens de l’UDI, le parti centriste, eux, le connaissent ! Pour une raison qui n’est pas encore tout à fait claire, Yves Pozzo di Borgo (donc membre de l’UDI), n’avait pas hésité (avec d’autres comme, Jean-Christophe Lagarde) à torpiller en public la candidature à la mairie de Paris de Christian Saint-Etienne (1) (UDI). Allez comprendre .. Mais quand Bill Clinton nous confirme que la série House of Cards et sa succession d’intrigues politiciennes est à 99% réaliste (2)  …
Alors, qu’a donc récemment fait notre valeureux sénateur, Yves Pozzo di Borgo, pour qu’on parle de lui ?
La réponse se trouve dans les très instructifs comptes rendus des discussions tenues dans le cadre de la Commission des Affaires européennes du Sénat. Ne riez pas, cela n’est pas si rébarbatif que çà, et surtout, c’est là où on réalise qu’en fait, entre le PS, l’UDI, l’UMP et les deux Fronts, il n’y a bien aucune alternative : nos politiciens semblent bel et bien tous d’accord pour créer toujours plus de taxes, toujours plus d’impôts (enfin, sauf pour eux, cela va sans dire, n’est-ce pas mesdames et messieurs qui rejetez la fiscalisation de l’IRFM).
 
Donc, si vous vous rendez sur le site web du Sénat, vous pourrez tomber sur le projet de taxe sur les transactions financières (3) et la communication de Mme Fabienne Keller (UMP, socialiste de droite). Et là, qu’est ce qu’on apprend ? Que le sénateur Pozzo di Borgo applaudit de ses deux mains ce projet de taxe dont l’inspiration est d’extrême gauche.
Que dit-il au sujet de ce projet repris par le collectif extrémiste de gauche Attac ?

« Parmi les financements innovants, la TTF est un projet fondamental pour une innovation

remarquable. […] Une fois de plus, la France est le moteur de l’innovation fiscale et je me réjouis que le président de la République soit volontariste sur ce projet. Je suis convaincu que la création de la TTF n’aura qu’un impact marginal sur l’économie, contrairement à ce que les milieux financiers avancent avec une certaine mauvaise foi. Enfin, je suis heureux que la France retrouve son rôle de force de proposition et de réflexion sur l’équilibre du monde. »

ou encore

« Comparaison n’est pas raison, mais lors de la création de la taxe sur les billets d’avion, que de cris de la part des banques aussi ! Or il n’y a pas eu d’incidences sur l’économie. Quelle est l’entreprise qui va quitter Francfort, Londres ou New York pour aller dans une bourse de l’autre bout du monde ?Je ne crois pas à la délocalisation des centres financiers, mais il est normal que les banquiers se défendent.« 

Pourtant, un certain nombre d’éléments devraient être rappelés au bon souvenir du sénateur Pozzo di Borgo, qui, dans un excès de folie taxatrice, se voit donc déjà légiférer, en tant qu’élu français, pour l’Allemagne ou les Etats-Unis !

D’une part, la TTF, taxe comportementale, n’a aucun sens. En effet, qu’est ce que la taxe sur les transactions financières ? La taxe Tobin (la première esquisse de la TTF), c’est une taxe proportionnelle applicable à toute transaction impliquant un instrument financier (actions, obligations, dérivés) et qui a pour but explicite de limiter la volatilité, en rendant les transactions de court terme non rentables. Si l’économiste James Tobin a donc d’abord imaginé sa taxe, ce n’était pas pour qu’elle rapporte, mais qu’au contraire, elle tue sa base fiscale, en renchérissant le coût des transactions. En effet, si une taxe altère ou annule la rentabilité prévisible d’une opération financière, on peut imaginer que les opérateurs financiers (sauf à penser qu’ils sont stupides et dotés de financements illimités) ne se lanceront pas dans une telle opération. Et si malgré l’existence de la taxe, les opérateurs se lancent dans une transaction, c’est donc qu’ils espèrent une rentabilité encore plus forte, donc plus de volatilité (4).
Si il y a une taxe Tobin / TTF efficace, il n’y a donc pas de rentrées fiscales puisqu’il y a moins voire plus du tout de transactions, sauf celles de « long terme » tel que l’achat d’actions Renault par l’Etat français, avec un argent qu’il ne possède pas, ou alors les plus volatiles.
Les taxes comportementales n’ont donc aucun sens sur le plan budgétaire.

D’autre part, la TTF a déjà testée, et elle n’a pas marché (5). En 1984, la Suède a mis en place une taxe sur les transactions financières du marché d’actions de la bourse de Stockholm, puis sur le marché des obligations. Mais cette TTF a abandonnée en 1990 suite au déplacement des transactions vers des marchés et des instruments financiers non taxés. Ce déplacement a  entraîné un effondrement des transactions à la bourse de Stockholm (entre -30 et -60% en 3 ans) et a restreint très fortement l’augmentation des recettes fiscales (50 millions de Couronnes Suédoises en moyenne par an au lieu des 1.5 milliards prévus).
Quand à la France, elle dispose en réalité déjà de sa TTF. Une taxe sur les transactions financières a été instituée par les dispositions de l’article 5 de la loi n° 2012-354 du 14 mars 2012 de finances rectificative pour 2012 (6).
La encore, les effets ont été les mêmes qu’en Suède : la taxe sur les transactions financières française a fait baisser les volumes de 10% à Paris.
Qu’est ce que le sénateur Pozzo di Borgo pense qu’il se passera quand l’UE adoptera une TTF Européenne ? Les transactions iront ailleurs, tout simplement, et les entreprises suivront, pour celles qui, PME ou grands groupes comme Total (7), ont anticipé. Fantasme ? Le sénateur Pozzo di Borgo dispose certainement d’une connexion Internet. Il peut donc constater deux choses : d’une part, grâce à Internet, les choses ne se passent plus comme dans un roman de Zola, il n’y a plus besoin d’être dans l’enceinte du palais Brongniart pour faire une transaction boursière (8). D’autre part, des plans existent chez un certain nombre de groupes français pour partir.

Qui plus est, la double justification morale de la TTF, « réguler la finance » et « aider ces pauvrespays africains » ne repose sur rien. D’une part, depuis 2008, ce qui a fait faillite, c’est la finance régulée (Dexia ?) et les finances publiques, mais certainement pas tous ces mastodontes dont le public n’entend jamais parler, type Icap, Blackrock ou Ontario Teachers. Normal, on a voulu faire croire que la crise, c’était la méchante finance et non pas des décisions publiques et politiques néfastes. D’autre part, on sait que l’aide publique au développement est une fumisterie. Ce dont l’Afrique a besoin, c’est du libre échange, et certainement pas de la commisération de députés et de sénateurs français.

Pozzo di Borgo est-il toujours à l’UDI, c’est à dire le parti membre, au niveau européen, des centristes et libéraux européens (ALDE) ou bien s’apprête t-il à rejoindre des groupes anti libéraux et plus extremes ? Parce qu’une chose est sure : il ne peut pas y avoir de TTF sans frontières ultra étanches, d’où la cohérence des extrêmes pour qui la fermeture des frontières est la base. Pour info et si le le sénateur Pozzo di Borgo l’avait oublié, son parti politique, l’ALDE, a rejeté l’idée de taxe sur les transactions financières (9).
Pozzo di Borgo n’est pas obligé d’être aussi versatile que l’ancien président de la République !

Quand on parle du rejet de la TTF, il ne s’agit absolument pas de défendre les banques, il s’agit de défendre le consommateur. Chacun sait à quel point, comme n’importe quelle entreprise d’ailleurs, les banques et les intermédiaires financiers ne sont clairement pas la Croix Rouge. Leur but, comme n’importe quelle entreprise, est de faire du profit, et ce en tenant compte des très nombreuses contraintes juridiques qui pèsent sur elles.
Mais les banques paient déjà les taxes et impôts suivants :
  • C3S bancaire
  • taxe systémique
  • impôt sur les sociétés (comme toutes les entreprises)
  • Contributions additionnelles
  • TVA (non récupérable, à la différence des sociétés industrielles du CAC 40)
  • taxe sur les salaires
  • CVAE
  • Taxe sur les bureaux
  • Retenues à la source
Or, une taxe est toujours répercutée sur le consommateur final. Donc si à cette longue liste de taxe, on rajoute la TTF, alors elle sera payée par nous tous. Et ne pensez pas qu’en matière d’intermédiation financière, vous n’êtes pas un consommateur final. En effet, vous n’êtes peut être pas un day trader en possession d’un compte titre chez un broker, à l’affût des opportunités sur les marchés. Cette catégorie est de moins en moins nombreuse (merci Fillon et son abaissement du seuil des taxations sur les plus values sur cessions de valeurs mobilières au premier euro de cession ). En revanche, combien de français ont de l’assurance vie investie en divers produits financiers ? Même les fonctionnaires sont indirectement actionnaires, quand ils épargnent via la Prefon !
En outre, Dans un pays, la France, qui dépend bien plus des banques et du secteur financier que la Suisse (et oui !), et dans une aire urbaine, la région parisienne, qui a déjà un problème de sièges sociaux, veut-on vraiment risquer de voir BNP Paribas, Credit Agricole CIB ou Natixis d’achever leur déménagement ?
A quand un nouveau contrat social ? Voila ce qu’on attend des politiciens comme le sénateur Pozzo di Borgo. Qu’ils nous propose un recentrage de l’Etat sur ses seules missions régaliennes (police, justice, armée et diplomatie) de préférence gérées au niveau fédéral européen, et un système fiscal juste, simple, fondé sur une flat tax la plus faible possible, au lieu de se livrer à ce concours permanent de « créativité » fiscale !
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La plongée pétrolière est elle terminée?

petrole arabie saoudite puitsNotre estimation est qu’à la fin de cette année, le prix du pétrole repartira à la hausse et qu’il vous faut vous positionner

En matière de prospective, en particulier dans le domaine des matières premières, tout est possible, mais son contraire aussi, tellement l’influence des forces spéculatrices peut se faire sentir. Le meilleur moyen d’approcher la vérité est de chercher « où » se trouve l’intérêt de ceux qui influencent ces mêmes force spéculatrices.

L’Amérique et ses alliés européens ont perdu la guerre de l’Ukraine.

Malgré leurs rodomontades, les Américains et leurs alliés allemands et polonais ont définitivement perdu la guerre d’Ukraine. Le pays dont la dette publique représentait à peine 40% du PIB en 2013 est endetté aujourd’hui à plus de 95% de ce même PIB. Il ne tient que grâce aux milliards que lui verse le FMI en contradiction avec ses propres règles qui lui interdisent de financer un pays en guerre. Les emprunts sur les marchés sont quasiment impossibles, pour l’agence de notation Moody’s, le risque de défaut de l’Ukraine avoisine 100%. Le pseudo blocus de la Russie organisé par les politiques américains a eu pour conséquence un contre blocus qui achève l’économie ukrainienne. Le débouché naturel de l’agriculture ukrainienne était la Russie. Le débouché naturel de l’industrie ukrainienne était la Russie. Le fournisseur d’énergie de l’Ukraine était la Russie. C’est aujourd’hui la paralysie complète. L’Ukraine a compris qu’elle ne réussirait jamais à vaincre militairement les insurgés russophones. Elle est contrainte de reconnaître de facto sa défaite. C’est pour cela qu’elle vient de nommer un leader « ultra nationaliste » (en réalité nazi) auprès de l’Etat Major de l’armée afin qu’il facilite le dépôt des armes et le respect des accords de Minsk aux troupes irrégulières qui ne cessent de harceler les insurgés, persuadés de poursuivre le combat de leurs prédécesseurs de l’OUN. Les projets d’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN sont officiellement reportés, l’entrée de l’Ukraine au sein de l’UE est rangée dans l’armoire aux arguments démagogiques abandonnés, la chasse aux corrompus commence, bref, la normalisation est en marche. Le sauvetage de l’Ukraine passe obligatoirement par l’Ours qui, intelligemment, attend pour poser ses conditions d’un retour à la normale.

La levée des mesures d’embargo à l’égard de la Russie conduira celle ci à « faire un geste »

Comme nous l’avons évoqué dans d’autres articles, la plongée des cours du pétrole n’a d’autre origine que la volonté de « certains » (certains pays, certains acteurs) de tuer le marché florissant du pétrole de schiste qui permettait aux USA d’aspirer à l’autonomie énergétique. En faisant plonger les cours du pétrole en dessous du prix de revient d’extraction du pétrole de schiste, ce dernier était condamné. Cela ne pouvait se faire sans le consentement au moins tacite de la Russie, premier producteur mondial. La crise de l’Ukraine et les mesures d’embargo stupides prisent par les USA ont conduit Poutine à accepter l’épreuve de force et à laisser faire les Saoudiens. Certes, il savait que cela handicaperait un temps son économie, mais il savait aussi que la situation saine des finances publiques russes, que les débouchés sécurisés sur l’Asie l’autorisaient à faire « la nique aux Yankees ». Aujourd’hui déjà, alors que nous ne sommes qu’au préambule de la normalisation, le rouble, qui avait perdu à la suite de manœuvres spéculatives de fonds américains plus de 60% de sa valeur, a, en quelques jours, refait près de la moitié du chemin.

Les restructurations d’entreprises repartent

Signe de la sortie prochaine du tunnel, les acteurs se mettent en ordre de bataille. C’est ainsi que nous apprenons que Royal Dutch Shell, le numéro un du secteur de l’énergie britannique, a conclu un accord pour racheter le numéro trois, BG Group, pour 47 milliards de livres (64,34 milliards d’euros), réalisant la première méga-fusion dans le secteur pétrolier depuis des années. Aux Etats Unis, les compagnies qui disposaient de plus de cash ont racheté des gisements à de petites compagnies qui ne pouvaient passer le cap de cette crise, même avec les aides.

Est ce que pour autant on peut considérer que le prix du pétrole va repartir?

Les USA, prêts à la contre attaque, remettent l’Iran au centre du jeu.

L’axe majeur de la contre attaque américaine s’opère autour de l’Iran. Le 2 avril dernier, un accord a été signé avec l’Iran qui prévoit une levée rapide de l’embargo à l’encontre de ce pays (embargo qui n’aura duré que le temps de « planter » Peugeot). Certes, cela peut être interprété comme une reconnaissance de la pertinence de la diplomatie russe qui a toujours soutenu la nécessité de s’entendre avec l’Iran, qui a soutenu Bachar El Assad en armant les combattants chiites engagés à ses côtés ou en armant les soldats iraniens qui se sont engagés en Irak contre Daesh. Il s’agit beaucoup plus de montrer aux « amis » Saoudiens qu’ils ne sont pas les maîtres absolus de la politique moyen orientale. Et même si Saoudiens et Israéliens agissent de concert auprès de leurs relais au congrès américain pour faire capoter ce rapprochement avant l’accord définitif prévu pour le 30 juin 2015, même si les Saoudiens montrent les muscles avec leur intervention militaire contre les chiites du Yémen (le Yémen n’est pas une priorité pour l’Iran) le mouvement est engagé, le signe est donné. Les USA replacent l’Iran au centre du jeu. C’est aussi dans ce contexte qu’il faut comprendre la soudaine volonté des USA de combattre Daesh, enfant bâtard de leur allié Saoudien né avec leur assentiment et qui survit grâce à leurs alliés Turcs qui acceptent de faire transiter les 400 000 barils/jour de pétrole de contrebande via leurs ports.

Retour de l’Iran sur les marchés, normalisation avec la Russie, mise au pas de l’Arabie Saoudite qui aura elle même intérêt à voir ses revenus pétroliers repartir à la hausse, indépendance énergétique américaine (seule « réussite » d’Obama en 8 ans de mandat), tous les indicateurs laissent à penser que le prix du pétrole va repartir, sans pour autant revenir aux sommets qui furent les siens juste avant la crise, mais à un niveau que nous évoquions déjà ici il y a quelques mois, juste au dessus du coût d’extraction du pétrole de schiste. Ajoutons pour mémoire qu’un pays comme le Venezuela qui est aujourd’hui en complète déconfiture, le pétrole ne permettant plus de combler les dépenses astronomiques mises en place par le gouvernement socialiste, risque de connaître très probablement rapidement un « changement » de gouvernement qui aura, lui aussi, bien besoin d’un retour de la manne pour  calmer les ardeurs populaires. Pour mémoire, de nouveaux pays arriveront sur le marché du pétrole (comme le Mozambique par exemple) en cette fin d’année et dans le courant de l’année prochaine.

A vous de vous positionner sur les valeurs pétrolières

Les intérêts convergents orientent donc la tendance vers la hausse des prix du pétrole pour cette fin d’année ou au plus tard le début de l’année prochaine. Qui dit « cours qui repartent », dit relance de l’ensemble de l’activité pour les compagnies, les raffineurs, les transporteurs, les stockeurs, les foreurs etc etc….. Qui dit « cours qui repartent », dit relance de l’ensemble de l’activité pour les compagnies, les raffineurs, les transporteurs, les stockeurs, les foreurs etc etc….. A vous de choisir quelles valeurs vous semblent le plus à même à repartir avec le retour des beaux jours.

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Le socialisme a fait son oeuvre au Vénézuela

En 2009, j’avais analysé en profondeur la situation socio-économique du Venezuela et son évolution sous le règne d’Hugo Chavez (parties 1, 2, 3 et 4). Voici ce que j’écrivais en conclusion :

 

Au cours de sa présidence, Chavez a utilisé les revenus provenant du pétrole, lesquels ont explosé grâce à la hausse fulgurante du prix du pétrole, pour aider les plus démunis. C’était une stratégie plutôt simple et efficace pour prendre le pouvoir puisque au début de son premier mandat, environ 50% de la population du pays était considérée comme pauvre (ce chiffre est descendu à 31.5% au début de 2008).

 

Advenant une baisse du prix du pétrole ou de la production, il aurait à couper drastiquement dans les dépenses, à défaut de quoi il mettrait le pays dans une situation financière encore plus précaire.

 

Selon moi, c’est la production de PDVSA qui sonnera le glas de Chavez. Avec toute son ingérence dans l’industrie pétrolière du pays, la production de pétrole est en chute libre. Le prix du pétrole continuera certes d’augmenter au cours des 10 prochaines années, mais à un rythme moindre qu’au cours des 10 dernières années. S’il fallait que la production baisse plus vite que le prix monte, les revenus de l’État chuteront et Chavez devra couper dans le filet social. Les conséquences seront fatales pour le chavismo…

 

Présentement, le Venezuela est clairement sur les traces de Cuba; i.e. que Chavez est en train d’amener le pays, peu à peu, vers une dictature socialiste militaire-totalitaire.

 

Aujourd’hui, plus de 5 ans après la publication de ces articles, il s’avère malheureusement que j’ai eu raison sur plusieurs points.

Le régime manque de devises étrangères, ce qui l’empêche d’importer des biens de première nécessité et de payer ses dettes. Environ 75% des biens consommés au Venezuela sont importés. Le pays fait face à des pénuries de biens essentiels comme le lait et la farine, en passant par le shampoing, le papier de toilette et les serviettes sanitaires. Des files d’attentes de plusieurs centaines de personnes se forment chaque jour devant les supermarchés. Une dizaine de patients sont récemment décédés dans un hôpital de Caracas par manque de valves coronariennes.

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L’administration Maduro blâme les commerçants et impose des contrôles de prix, ce qui a évidemment comme conséquence d’accentuer les pénuries. Des dirigeants de pharmacies et de supermarchés ont été arrêtés. Il est maintenant interdit de photographier les étagères vides des supermarchés appartenant au gouvernement, et des journalistes ont été arrêtés pour avoir rapporté les faits quant aux pénuries.

 

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Entre 2000 et 2012, le gouvernement a bénéficié d’environ $800 milliards en revenus pétroliers, ce qui est environ 2.5 fois plus que durant les 13 années précédentes (ajusté pour l’inflation). C’est ça qui a permis à Chavez d’ancrer son régime. Le nombre de fonctionnaires a plus que doublé en 16 ans alors que Chavez a exproprié ou nationalisé 1,200 entreprises. Le déficit de gouvernement a explosé à 20% du PIB et la dette du pays a fortement augmenté. L’inflation a accéléré tandis que le PIB est en diminution. La pauvreté a recommencé à augmenter, tout comme l’insatisfaction de la population.

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Les réserves de change ne se situent maintenant qu’à $21.4 milliards alors que le pays fait face à des sorties de fonds de $35 milliards cette année. Devant une situation financière aussi précaire, le gouvernement est en mode gestion de crise et tente d’obtenir des prêts d’urgence auprès d’autres pays. Les marchés financiers reflètent une probabilité de 65% que le pays va faire défaut sur sa dette en 2015. En novembre 2014, le pays a été sauvé par un prêt de $4 milliards de la Chine, mais cet argent fond comme neige au soleil. Si bien que la Chine annonçait il y a quelques jours qu’elle prêtera un autre $10 milliards au Venezuela pour lui permettre de subsister quelques mois de plus.

 

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Le taux d’approbation de Maduro a chuté à 20%. Une élection présidentielle aura lieu plus tard en 2015. Par ailleurs, le parti de Maduro, le PSUV, une coalition de groupuscules socialistes, est en train de se démanteler. Certains membres du parti accusent Maduro de trahir Chavez et de ne pas être assez radical dans son application de la révolution socialiste bolivarienne! De plus, il y a de plus en plus de frictions entre l’armée et les milices bolivariennes armées.

 

Par ailleurs, le pays s’approche de plus en plus du totalitarisme. Le 27 janvier dernier, le ministre de la défense a imposé un décret permettant à l’armée d’utiliser leurs armes contre des protestants s’ils font preuve de violence. L’obstruction envers les médias indépendants a continué. Seulement le quart de la population a confiance en l’autorité électorale. Les prisonniers politiques se font de plus en plus nombreux, incluant Leopoldo Lopez, fondateur du parti Voluntad Popular, mis «provisoirement» en prison, il y croupit depuis un an, ainsi que le maire de la capitale Caracas, Antonio Ledezma.

 

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En 2003, Chavez avait renvoyé 18,000 employés (50%) de PDVSA parce qu’ils avaient participé à une manifestation dénonçant la politisation de cette entreprise d’état. Beaucoup de ces gens constituaient l’intelligentsia de PDVSA et durent s’expatrier aux États-Unis, au Mexique, en Colombie, au Pérou et même en Alberta. La communauté vénézuélienne de l’Alberta est passée de 465 en 2001 à 3,860 en 2011! L’un d’eux a même fondé un nouveau centre de recherche à l’Université de Calgary. Mais c’est certainement la Colombie qui a le plus bénéficié de l’exode des cerveaux du Vénézuela.

 

Par ailleurs, la surévaluation du Bolivar imposée par le gouvernement du Vénézuela nuit aussi beaucoup aux opérations de PDVSA. En fait, ce que l’on a observé est que si on dilapide le capital d’une entreprise plutôt que d’y réinvestir, sa production ne peut qu’en souffrir. C’est l’accumulation du capital productif par l’investissement qui mousse la productivité et engendre la richesse.

 

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Conclusion

Plutôt que de porter le blâme et changer le système, Maduro préfère rejeter la responsabilité de cette débâcle sur le dos de la politique « impérialiste » des États-Unis. Le Président est devenu quasi paranoïaque et voit des complots partout.

Malheureusement, le Venezuela prouve une fois de plus que le socialisme détruit la richesse et appauvrit la population. Par ailleurs, un régime socialiste ne peut subsister qu’en affaiblissant constamment la démocratie et les libertés individuelles, jusqu’à sombrer dans le totalitarisme militaire. Espérons que le monde apprendra une fois pour toutes des erreurs des Vénézuéliens…

 

 

Sources :

 

http://www.economist.com/news/americas/21643223-mismanagement-corruption-and-oil-slump-are-fraying-hugo-ch-vezs-regime-revolution

http://www.economist.com/news/americas/21640395-government-offers-no-solutions-mounting-economic-crisis-empty-shelves-and-rhetoric

http://www.economist.com/news/americas/21607824-venezuelas-loss-thousands-oil-workers-has-been-other-countries-gain-brain-haemorrhage

http://www.economist.com/news/americas/21635028-economy-crumbles-so-do-institutions-holding-up-regime-borrowed-time

http://www.bloomberg.com/news/articles/2014-12-12/venezuela-s-got-21-billion-owes-21-billion-as-crisis-builds

http://www.contrepoints.org/2015/03/13/201093-venezuela-argentine-et-leur-delicieux-socialisme-en-route-pour-leurope

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/02/20/venezuela-le-maire-de-caracas-et-figure-de-l-opposition-arrete_4580162_3222.html

http://geopolis.francetvinfo.fr/venezuela-vague-darrestations-dopposants-sur-fond-de-berezina-economique-54557

http://www.reuters.com/article/2015/03/19/us-venezuela-china-idUSKBN0MF2AD20150319

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