Couper ces têtes que je ne saurais voir!

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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S’en prendre au entrepreneurs, c’est s’en prendre qui a ceux qui acceptent de travailler plus pour 300€/mois!

Nous avons déjà évoqué les déclarations de la ministre du Commerce et de l’Artisanat, Sylvia Pinel, concernant les auto-entrepreneurs.  Nous savons la haine que vouent les socialistes à ceux qui cherchent à sortir la tête de l’eau sans les subsides de l’Etat tout puissant, sans ses aides, subventions, allocations en tous genres. Un auto entrepreneur est toujours présenté soit comme un salarié qui ne se satisfait pas de sa condition et qui veut travailler plus pour gagner plus, soit comme un traître à sa classe qui participe à la dérégulation du marché du travail en acceptant de travailler sans être employé au lieu de rester tranquillement dans les statistiques du chômage à attendre le stage de qualification qui lui permettra d’attendre le prochain stage de reconversion.

Aujourd’hui, l’INSEE vient de sortir des chiffres que je vous recommande de de lire attentivement si le sujet vous intéresse. Il en ressort que en 2009, 328 000 personnes ont créé une auto-entreprise, dont seulement la moitié exerce une activité économique effective, c’est à dire déclare au moins un Euro de Chiffre d’Affaires. Ces auto-entrepreneurs actifs sont proches des créateurs d’entreprises « classiques » par leurs caractéristiques, mais ils tirent de leur activité un revenu très inférieur : en moyenne, 4 300 euros de revenu annualisé la première année (soit 358€/mois), soit trois fois moins que les créateurs classiques. Ils exercent souvent en parallèle une activité salariée. Deux ans plus tard, fin 2011, 102 000 sont toujours actifs économiquement, mais seuls 79 000 ont pu dégager un revenu positif de façon continue sur les trois ans. En moyenne, le revenu qu’ils tirent de leur activité a progressé, mais pour neuf sur dix, il demeure inférieur au Smic. Si une petite moitié a pérennisé son activité en développant son chiffre d’affaires, moins d’un sur dix perçoit un revenu comparable à celui des autres non-salariés de son secteur. Peu ont quitté l’auto-entrepreneuriat pour rejoindre le régime non salarié classique.

L’auto entrepreneur, c’est un espace de liberté dans un monde de coercition. Dispensé de comptabilité tatillonne, fastidieuse et coûteuse, il paie ses charges au prorata du chiffre d’affaire. Ce régime déjà très bridé par des limites très strictes concernant ses plafonds, risque de connaître sous peu des attaques ayant pour but de le dénaturer puis de lui ôter tout intérêt afin, à terme, de le supprimer sans que cela ne gêne qui que ce soit. Il sera victime d’un tir croisé provenant des politiques politiciens qui lui reprochent ses origines sarkosiennes (et on voit régulièrement combien il en coûte d’avoir des origines sarkosiennes), des idéoligues socialistes qui haïssent pas principe toute velléité d’indépendance et de double activité, et enfin des fonctionnaires de Bercy qui, par culture sont à des années lumières de ce dispositif et l’ont toujours considéré comme « bâtard » et en dehors de la tradition entrepreneuriale française.

Pourtant, s’il est une mesure de l’époque Sarkosy qu’il faudrait garder, voire élargir, c’est l’auto entrepreneur. C’est l’expression moderne du mérite républicain, c’est la chance laissée, à ceux qui le souhaitent, d’améliorer leur condition, et les statistiques sont là pour le prouver, dans une proportion qui soulage leur vie quotidienne sans pour autant amputer réellement l’activité des autres entreprises. S’attaquer aujourd’hui aux auto entrepreneurs, c’est s’attaquer à ceux qui, parmi les plus pauvres, bougent, à ceux qui créent, à ceux qui produisent de la valeur ajoutée.

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7 comments

  • Bonjour,…
    Le probleme de l’auto-entrepreneur n’est pas l’auto-entreprise en elle-mëme qui porte cet esprit de liberté que vous decrivez parfaitement… et on peut etre emerveillé des efforts fait par ceux-là même qui en vivent (ou tentent).

    Dans le cadre d’une saine concurrence, dans un systeme transparent, on sait parfaitrement qu’on ne PEUT PAS VIVRE avec 385 euros.

    Alors, cela veut dire qu’il existe une autre source de financement qui vient « subventionner » l’activité d’auto-entreprise et qui du coup vient fausser une activité dont les prix sont libres.

    Si dans un menage dont le mari est auto-entrepreneur, par exemple, le salaire de madame (et sa couverture sociale) paye et garantie l’activité de son auto-entrepreneur de mari, celui-ci pourra pratiquer des conditions de marché insoutenables pour un autre professionnel qui ne choisi pas cette forme juridique (je pense aux artisans, aux professions liberales, aux tres petites entreprises)

    Dans ce cas l’auto-entrepreneur va detruire l’equilibre economique (l’écosysteme) sur lequel il agit… par une subvention cachée et je sais que vous en condamnez souvent l’existence.

    Le sujet est difficile mais cette concurrence libre MAIS FAUSSEE ne me parait pas saine et doit etre encadrée soit par un mecanisme comptable specifique (et au final fiscal)…. mais nous rentrons alors dans une ponction supplementaire sur une activité economique delicate, soit par un reexamen des charges des autres formes d’activités et là, c’est un manque a gagner du coté du systeme social que nous souhaiterions voir fonctionner normalement.

    Les genes Sarkoziennes de cette activité n’ont rien a voir la-dedans et pour ne pa faire plus long, aprés cette vision economique de ses impacts sur « l’entreprise », je ne vous parlerai pas des effets pervers de l’auto-entreprise sur le systeme social mettant directement en concurrence la force de travail contractuelle (travail = salaire + cotisations sociales) avec une « sous-traitance » inéquitable face aux vrais coûts de la vie…

    Bonne fin de semaine.

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