Récapitulatif du leverage des grandes banques mondiales…

The following two tabs change content below.
Jean-Pierre Chevallier est économiste. Ancien professeur d’économie à l’université de Nice, il est spécialiste de politique monétaire et analyste financier indépendant. Il se définie lui-même comme "Business économiste monétariste béhavioriste Analyste financier indépendant, contrarian...

Derniers articles parJean Pierre Chevallier (voir tous)

Jean Pierre Chevallier nous a concocté un récapitulatif des leverage des plus grandes banques mondiales au 2ième trimestre 2013. Une page à mettre en mémoire

Les grandes banques systémiques mondiales faisant partie de la liste des SIFIs (Systemically Important Financial Institutions) ont publié leurs résultats du 2° trimestre 2013.

En comptabilisant correctement les capitaux propres à leur juste valeur de marché (les actifs tangibles), le leverage et son inverse le ratio Core Tier 1 d’origine montrent qu’à la fin de ce trimestre aucune de ces banques ne respecte les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel supérieur à 10 %,

Document 1 :

Rank Banks 2013 Q2 Liabilities Tangible equity Leverage Core Tier 1
1 Citigroup 1 721,61 162,382 10,6 9,4
2 Wells Fargo 1 317,77 122,796 10,7 9,3
3 Goldman Sachs 871,651 66,349 13,1 7,6
4 Bank of America 1 976,46 146,861 13,5 7,4
5 Bank of China 12 406,23 849,978 14,6 6,9
6 Morgan Stanley 754,178 146,861 14,7 6,8
7 JP Morgan Chase 2 289,77 149,977 15,3 6,5
8 State Street 213,633 13,667 15,6 6,4
9 Standard Chartered 611,289 38,668 15,8 6,3
10 Unicredit Group 837,918 51,714 16,2 6,2
11 BBVA Bilbao 583,177 35,326 16,5 6,1
12 HSBC 2 501,10 144,217 17,3 5,8
13 Royal Bk of Scotland 1 160,05 56,183 20,6 4,84
14 Bk New York Mellon 343,486 16,336 21 4,76
15 Mitsubishi UFJ FG 223 921 10 578 21,2 4,724
16 Sumitomo Mitsui FG 140 069 6 608 21,2 4,718
17 ING Bank 1 093,72 49,881 21,9 4,6
18 Nordea 596,629 25,267 23,6 4,2
19 Santander 1 175,70 47,421 24,79 4
20 Banque Populaire CE 1 647,67 63,923 25,8 3,9
21 Credit Suisse 886,055 33,848 26,2 3,82
22 BNP Paribas 1 837,63 69,657 26,4 3,79
23 UBS 1 088,65 40,426 26,9 3,7
24 Mizuho FG 168 803,10 5 889,71 28,7 3,5
25 Société Générale 1 209,68 36,618 33 3
26 Barclays PLC 1 495,70 37,034 40,4 2,5
27 Deutsche Bank 1 867,29 42,592 43,8 2,3
28 Crédit Agricole SA 1 758,74 26,164 67,2 1,5

Sommes en milliards de monnaie nationale.

 

Seules Citigroup et Wells Fargo s’en rapprochent. Bank of China est la seule banque qui arrive à s’immiscer indubitablement parmi les meilleures banques mondiales où se retrouvent presque toutes les grandes banques américaines,

Document 2 :

(cliquer sur les graphiques pour les agrandir)
En bleu, les big banks des Etats-Unis, en rouge les Gos banques françaises, en orange leurs consœurs helvètes, en vert clair les banques relevant de Bank Of England, en vert foncé les autres banques européennes, en jaune les banques… asiatiques.

Il n’est pas certain que les résultats publiés par les banques asiatiques donnent une image fidèle de la réalité car ces banques ne font pas état d’écarts d’acquisition (goodwill) alors qu’elles sont connues pour avoir investi d’une façon importante dans des entreprises dont les résultats ne sont pas toujours fiables.
Les résultats publiés par les autres banques sont a priori fiables malgré les réserves que l’on peut formuler pour certaines d’entre elles. A défaut de certitudes, ils donnent une image la plus fidèle possible de la réalité, ce qui est important et même indispensable pour connaitre les risques posés par ces banques.
Considérer que toutes les grandes banques publient des résultats non fiables par principe serait une grave erreur. Il en est de même des craintes infondées concernant les éléments hors bilan qui sont indispensables et sans incidences notables s’ils sont bien gérés.

Comme le rappelait ce bon vieux Greenspan, le plus important pour les banques est d’avoir suffisamment de capitaux propres pour faire face à toute éventualité, tout actif non tangible étant à considérer comme… l’étant par définition (!), c’est-à-dire susceptible de devoir être déprécié.

Le leverage est donc bien le meilleur instrument d’analyse (et le plus simple) permettant de mesurer les risques encourus par les banques et non pas les ratios calculés à partir des actifs pondérés par les risques (Risk-Weighted Assets, RWA).

Crédit Agricole et Deutsche Bank sont de loin les pires élèves de la classe bancaire mondiale,

Document 3 :

Le leverage moyen de ces 28 banques est de 23,1 (16,9 pour la première moitié) correspondant àun ratio Core Tier 1 réel de 5,2 % (7,1 % pour la première moitié), en très légère progression par rapport au trimestre précédent mais très loin des exigences de ce bon vieux Greenspan.

Seules Citigroup et Wells Fargo respectent donc d’une façon acceptable les règles prudentielles d’endettement.
Les banques européennes et japonaises présentent des risques encore trop élevés, ce qui est dangereux en cas de retour de grandes turbulences, et toujours possible avec la crise provoquée par le maintien de l’euro.

Tout est simple.

[tell-a-friend id= »1″ title= »Faites suivre »]


banner Image Banner 468 x 60

Avez vous lu ces articles?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.