Quand la BCE fait pchitt…

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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Probablement avez vous regardé l’excellente vidéo d’Oliver Delamarche de cette semaine (vous la trouvez en première page de MVMA dès le mardi et pouvez les revoir sur MVMA-TV par la suite). Oliver delamarche a été particulièrement violent à l’égard des acteurs du marché… « je me demande quel est le QI des intervenants en bourse….   Draghi ne peut rien faire, il est exposé à 190Md€ sur la Grèce….  c’est une bande de rigolos qui réagissent à la seconde sur des chiffres qu’ils ne comprennent pas…. » Eh bien, nous y sommes. Draghi a annoncé que… rien et les baudruches se dégonflent.

Mario Draghi avait déclaré « Les mesures non conventionnelles ne marchent pas... », comment peut on croire ou faire semblant de croire qu’il va changer d’avis alors qu’il n’a pas les moyens financiers d’intervenir? Alors que les Allemands, pointilleux sur les questions de droit, rappellent à qui veut bien les entendre que la BCE n’a pas le droit d’intervenir directement pour financer des Etats…

Hier, la FED a annoncé que l’hélicoptère qui avait pris l’habitude d’arroser Wall Street de dollars restait au garage. Sale temps pour un certain nombre de spéculateurs qui avait déjà acheté sur les marchés avec les billets qu’ils comptaient ramasser sur le trottoir. Y’a d’la chute à Wall Street dans l’air.

Lundi dernier, Chikahisa Sumi, responsable du placement de la dette japonaise sur les marchés, à la question qui lui était posée de savoir comment, avec son endettement, avec sa population vieillissante, avec son déficit abyssal, le Japon arrivait encore à placer sa dette, répondit: « Les investisseurs doivent mettre leur argent quelque part », « C’est comme quand je vais faire du sport et qu’il n’y a pas de chaussettes fraichement lavées, je prends la paire qui est relativement la plus propre ». Jolie métaphore qui permet de comprendre que les hauts responsables ne sont pas dupes de la qualité de ce qu’ils proposent…

Hier encore, c’est Bill Gross, le gérant de Pimco, le plus important fonds obligataire au monde, qui a tenu des propos alarmistes, ou francs, selon votre conviction ou votre analyse:  » Une vraie crise de la dette (comme celle que le monde traverse actuellement) ne peut être résolue que de deux façons : 1) par un défaut ou 2) par la création de monnaie pour la résorber par l’inflation. Les deux options sont fatales pour les détenteurs d’obligations et d’actions  » Fermez le ban. Cela ne fait que quatre ans que votre serviteur le crie, l’écris et le répète. Soit le défaut (c’est le pronostic de Olivier Delamarche qui lui aussi fait la même analyse depuis plusieurs années et reste persuadé que nous allons faire un défaut généralisé) soit l’inflation (c’est ma conviction et c’est la raison pour laquelle tant de « politiciens » réclament la maîtrise sur les banques centrales. ). Il n’y a pas d’alternative. Une dette est toujours payée par quelqu’un. Soit celui qui l’a achetée, soit celui qui l’a souscrite, soit pour partie les deux.
Décidément très en verve, Bill Gross a ajouté en parlant des USA, « au lieu de payer les intérêts courants au taux en vigueur, on s’engage à payer les factures futures en émettant toujours plus d’obligations ».  Serait il en train de traiter Obama et Bernanke de « Madoffs »? Concernant le fait que malgré ces perspectives peu encourageantes, les obligations américaines se vendent bien, il a carrément plagié son copain japonais en répondant: « Les fonds d’obligations et d’actions ont simplement réorienté leurs investissements vers les pays dont la chemise sale est la plus propre« . Pour ajouter tout de suite après:  » Les investisseurs doivent savoir que les chemises sales propres ne le restent pas indéfiniment »

Aujourd’hui, Mario Draghi a annoncé que le taux directeur de la BCE restait inchangé. Il a annoncé que toutes les solutions passaient par des décisions politiques et que lui n’avait aucun pouvoir. Intervention sur le marché obligataire secondaire? Cela reviendrait à financer la dette des Etats, c’est interdit par ses statuts. Appui du FESF en l’alimentant pour que lui intervienne? Il faudrait pour cela que ce dernier soit reconnu comme banque, c’est à dire ait une licence comme certains le réclament. Les Etats du nord, Allemagne, Pays Bas, Finlande, s’y opposent. Draghi a réaffirmé « très fort » que l’Euro était irréversible… Tant en démontrant que son avenir ne dépendait que fort peu de lui.

Hier enfin, Obama et Hollande ont parlé au téléphone… des JO? Le FMI a « exhorté » les pays européens à trouvé une solution et le Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, a reçu le chef du gouvernement italien Mario Monti et lui a redit toute son opposition à une intervention du FESF ou du MES sur le marché de la dette, craignant, à juste titre et comme nous l’évoquions il y a quelques jours, que les montants soient tels que les pays solvables ne soient appelés à des hauteurs qu’il ne souhaite pas pour l’équilibre de son pays.

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2 comments

  • … avant de reformer les cicuits financiers « souverains » il convient de mettre en bon ordre la dette existante… on ne construit pas sur du sable!

    1ere mesure forte : tous les taux des prets non encore soldés sont ramenés arbitrairement a celui de la BCE + 0,20% ET C’EST TOUT…. cela pour alleger la charge de remboursement et surtout envoyer un message fort aux banques qui pensent se gaver sur des marges indues. Au passage cela « assagierait » les agences de notation… qui utilisent une echelle de mesure mobile selon leur objectifs politiques.

    2eme mesure forte : c’est une question de principe, il faut changer de paradigme, l’aide doit aller au plus faible et non pas au plus fort. Quand une banque ne peut plus recuperer ses creances, faute de solvabilite de ses clients, ce sont ces clients qu’il faut aider et non pas la banque.
    Exemple, si aux US la Fed avait alimenté un fond permettant de se substituer au differentiel des echeances des emprunteurs, les banques auraient ete remboursées, les familles n’auraient pas ete expulsées, l’aide aurait ete considerablement diminuée et aucune excuse n’aurait pu etre trouvée pour la gestion, et le risque catastrophique des preteurs qui se seraient retrouvés face a leur responsabilité : ceux qui doivent mourir meurent!
    Examinez le cas de Bankia et raisonnez en forme pragmatique…

    3eme mesure : mais la on rentre dans l’amelioration a long terme, nous sommes dans une zone monétaire sans que personne ne maitrise la banque centrale avec une obligation intolerable d’emprunter indirectement a des acteurs privés qui pratiquent, par « construction », un « racket » sur toute creation de monnaie. A chaque euro que la BCE crée, une banque privée preleve sa dime. Avec des taux de croissance faibles, la plus value de l’euro emprunté est plus faible que la part versé a la banque intermediaire, donc, la dette est impossible a couvrir.
    La solution, au moins temporaire, mais a mon avis definitive, serait de supprimer l’obligation de faire appel a ces intermediaires. Mais si, de façon ideologique, on ne le souhaite pas pour assuere une rente a des groupes bancaires, il faut indexer, par pays, les taux a une sorte de « taux de croissance observé »… par exemple… pour 2% de croissance observé, avec un taux BCE de 1% et un plafond de « marge » de 80%, les banques ne pourraient pas preter au pays a un taux superieur a 1,8%!… La BCE devra obligatoirement tenir compte dans son taux de la croissance moyenne de la zone et offrir des taux toujours inferieurs…. (les chiffres et les taux sont des exemples)

    Bon cela suffit, des mesures comme cela, il y en a plein panier… Bonne journéee a tous.

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