L’étude INSEE sur les revenus et le patrimoine des ménages:

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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L’INSEE vient de publier son étude sur les revenus et le patrimoine des ménages français.

N’ayant pour l’instant reçu que le dossier de presse (comme tous les confrères, d’ailleurs, même ceux qui vous font des pages sur ladite étude…), nous ne sommes pas en mesure de vous faire un compte rendu ni une analyse exhaustifs du sujet.

Néanmoins, à travers le vocabulaire spécifique, voici les principaux points que nous avons retenus:

  1. Le travail ne paie plus. Les Français actifs les moins aisés qui n’ont pas vu baisser leur niveau de vie le doivent aux prestations ou mesures fiscales et les Français actifs plus aisés qui ont vu leurs revenus progresser le doivent à leur patrimoine. En 2008, le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage en France métropolitaine s’élève à 19 000 € par an, soit 1 580 € par mois selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS). Les 10 % des personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 520 € annuels  et les 10 % les plus aisées disposent d’un niveau de vie supérieur à 35 550 €.
  2. Les écarts augmentent. Depuis 2004, les niveaux de vie des personnes les plus modestes cessent d’augmenter plus rapidement que les niveaux de vie intermédiaires alors que ceux des plus aisées continuent leur progression, si bien que le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20 % les plus aisées et celle détenue  par les 20 % les plus modestes augmente de 4 à 4,3.
  3. En revanche, après une période de décrue quasiment continue, l’intensité de la pauvreté s’est accentuée depuis 2002 : le niveau de vie médian des personnes pauvres (773 € par mois en 2008) augmente ainsi moins vite que le seuil de pauvreté. Cette intensification de la pauvreté est à relier au rebond du nombre d’allocataires du RMI observé entre 2001 et 2005.
  4. La « monoparentalité » appauvrit. Le taux de pauvreté des familles monoparentales s’accroît entre 1996 et 2008, particulièrement entre 2004 et 2008, période durant laquelle il gagne 4 points, pour atteindre 30 %.
  5. En 2010, 94 % des ménages vivant en France détiennent un patrimoine privé. Deux ménages sur trois possèdent à la fois des actifs financiers et des biens immobiliers, un tiers ne détient que des produits financiers et 4 % ne disposent que d’un patrimoine immobilier, en sus de leur(s) éventuel(s) compte(s)-chèques. Pour les 6 % des ménages qui ne détiennent ni actifs financiers, ni biens immobiliers, ce sont plus souvent des personnes vivant seules ou élevant seules leur(s) enfant(s), vivant dans de grandes agglomérations et dont les ascendants ne disposent eux même d’aucun patrimoine.
  6. Les variations patrimoniales sont essentiellement dues aux fluctuations de l’immobilier qui demeure l’investissement principal de la majorité des Français. 8% d’entre eux consacrent jusqu’à 44% de leurs revenus à l’effort immobilier.
  7. Nouveauté de la part de l’INSEE: quelques données statistiques ethniques (très timides mais néanmoins intéressantes).
(cliquez pour agrandir)
On y apprend en particulier que le niveau de vie d’un descendant d’un seul parent immigré ou de deux originaire(s) d’un pays européen est en moyenne comparable au niveau de vie d’un Français de parents nés français (-1% d’écart). En revanche, lorsque le ou les parents ont migré d’un pays d’Afrique, l’écart est plus marqué (- 30 %). Si on exception des sans emploi, à caractéristiques identiques des personnes (même configuration familiale, même catégorie socioprofessionnelle de la personne, de son père et de sa mère, …), les écarts de niveaux de vie entre les descendants d’immigrés et les Français de parents nés français se réduisent, voire s’inversent, selon leur âge et l’origine géographique des parents. Lorsque les descendants d’immigrés africains ont plus de 25 ans, leur niveau de vie se rapproche du niveau de vie des Français de parents nés français. Après 25 ans, le niveau de vie des descendants d’immigrés européens est supérieur à celui de ces derniers. Ces statistiques méritent d’être étudiées de près car elles tordent le cou au discours ambiant sur la discrimination. Les immigrés, quelque soit leur pays d’origine, ne connaissent pas d’écart de revenus dès lors qu’ils s’assimilent et jouent le jeu de la société française.
Enfin, la société française pénalise la naissance d’enfants. Les personnes vivant en couple sans enfant disposent en moyenne du niveau de vie le plus élevé :
25 580 euros annuels en 2008 selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS). Pour une année donnée, le niveau de vie est d’autant moins élevé que le nombre d’enfants est important, que le parent vive seul ou en couple. A partir de deux enfants dans le ménage, les niveaux de vie des personnes sont nettement plus bas : 22 370 euros en moyenne pour celles vivant en couple avec deux enfants et 19 620 euros avec trois enfants ou plus. La naissance d’un enfant provoque un « décrochage » du niveau de vie par rapport à leur situation antérieure : les ménages concernés perdent en moyenne de 2 à 11 % de leur niveau de vie entre l’année précédant la naissance et celle lui succédant immédiatement. Cela semble tenir au fait que  la naissance s’accompagne d’une diminution de l’activité au sein du ménage : cela engendre une baisse des revenus liés à l’activité qui n’est pas compensée par les impôts et les prestations sociales.

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