Adios, « La Tribune »!

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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Combien de fois n’avons nous pesté et tempêté dans ces colonnes contre la presse économique aux ordres de la bien pensance et de l’ordre établi? Combien de fois n’avons nous critiqué le faux journalisme de salon qui consiste à répéter bêtement, sans analyse, sans profondeur, sans recul, ce que tel ou tel acteur intéressé avance au travers d’un joli dossier de presse remis en charmante compagnie lors de soirées ou de week end plus festifs que laborieux?

Ce journalisme là a encore plus de mal à vivre sur un sujet comme l’économie. S’il s’adresse au grand public, il doit descendre de son piédestal, arrêter avec ses anglicismes pseudo-pro, cesser de se prendre pour un trader et parler « vrai » en termes compréhensibles et dans une logique de moyen terme.  S’il s’adresse aux professionnels, ce qui était le positionnement de la Tribune, il lui faut tout à la fois être « politiquement correct » afin de ne pas être mis au ban de la (bonne) société, et diffuser de vraies infos, car, comme du temps de feu l’Union Soviétique, nos dirigeants vivent en complète schizophrénie, conscients du fossé qui sépare le « vrai » de l' »énoncé ». Lire un quotidien pour n’y trouver que de « l’énoncé » n’a aucun intérêt et représente une perte de temps.

Interprétation idéologique, diront certains d’entre vous. La presse écrite connait une crise qui n’est pas propre à la Tribune, les Français se détachent de la chose écrite. Pour rester dans le domaine de l’économie et de la finance, expliquez moi donc pourquoi aujourd’hui vous avez, en France, plus d’abonnés au Financial Time qu’il n’y en avait à la Tribune? Par désintérêt de la chose écrite, peut être? Non, par besoin d’avoir de vraies infos.

Bref, si la disparition de la Tribune était inévitable, surtout depuis son changement d’actionnaire, il nous faut bien reconnaître qu’elle n’est remplacée par rien, ce qui, de toute manière, n’est pas un progrès vers la liberté d’expression ni l’amélioration du niveau d’information…. Adios, la Tribune, et, comme la nature a horreur du vide, gageons que d’une manière ou d’une autre, un nouveau média d’information économique verra le jour et que son positionnement, tant marketing qu’éditorial le ferra perdurer!

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