« Seules ont survécu les villes marchandes »

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Longtemps éditeur, chroniqueur sur Radio Courtoisie, membre fondateur de Lumière 101, fondateur ou initiateur de plusieurs mouvements politiques de droite, Jean-Gilles Malliarakis s'est orienté maintenant vers une analyse et une réflexion approfondie des mécanismes libéraux au service des Nations. Il a écrit plusieurs ouvrages dont "Pour une libération fiscale" que vous pouvez trouver à la librairie en ligne de "MaVieMonArgent"

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Jean Gilles Maliakis nous livre ici une réflexion sur la ville. La Ville est un tout. Un équilibre basé sur son équilibre économique. Qu’un facteur économique disparaisse et c’est la ville qui disparaît….

Jusqu’ici la tromperie politicienne sur la marchandise reposait sur la réduction du caractère démocratique des régimes au simple vote électoral. « Vous votez donc vous êtes libres ». Or, si l’on mettait beaucoup de bulletins dans les urnes soviétiques, au point que presque 100 % des citoyens accomplissaient ce rite, et même parfois plus, le choix restait restreint, le débat plus encore. La dictature maoïste faisait mieux : elle laissait s’exprimer les critiques. « Que cent fleurs s’épanouissent » lançait joyeusement Mao Tsé-toung en mai 1956. Ce qui permettait de repérer encore mieux les fortes têtes. Et de les couper.

La Cinquième république ne s’est jusqu’ici pas comportée avec la même brutale franchise. Elle a tout concentré sur la compétition présidentielle, qui, même quatre ans à l’avance, paraît dominer le kriegspiel de nos stratèges. Une élection très concrète pour le destin de nos villes se profile-t-elle à quelque mois ? Eh bien les médiats nous transposent immédiatement dans le cas du scrutin suivant, celui d’une assemblée parlementaire dont le public de l’Hexagone n’entend jamais parler.

L’essence de la démocratie ne devrait pas se réduire au vote : elle suppose avant tout la liberté du débat. Sur ce critère, en France nous sommes retombés au-dessous du temps de Voltaire et des Encyclopédistes.

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Bien entendu si l’on veut bien évoquer les prochaines joutes municipales, la question de la sûreté des biens autant que celle des personnes y jouera un rôle considérable : celui qui alimente le mécontentement de nos compatriotes. On remarquera que le régime tend de plus en plus à refermer le couvercle de la marmite et il s’étonne en ce moment des débordements futurs.

Quand on parle d’égalité des territoires on devrait réfléchir à cette forme très précise, très injuste et très révoltante d’inégalité. Dans de nombreux quartiers, des professions entières ont renoncé à y servir jugeant ces zones dangereuses : médecins et infirmières agressés, pompiers caillassés, livraisons, dépannages etc. ont tous été amenés à capituler. Devant la ruine constatable des fonds de commerce de buralistes, de boulangers, de marchands de journaux : comment imaginer que des activités puissent sainement envisager de s’y installer ?

Ainsi, de manière concrète, la liberté du commerce et de l’industrie se trouve empêchée dans la pratique.

Il s’agit pourtant d’un principe essentiel. Il a été affirmé en théorie par le droit français, depuis son énoncé du printemps 1791. Il a fait l’objet de nombreuses réaffirmations constitutionnelles, et jurisprudentielles récentes.

Mais il s’agit également d’une nécessité vitale pour les villes.

On devrait donc se demander comment on en est arrivé là.

Sous l’influence des architectes coupés de l’économie on a voulu, le Bauhaus en Allemagne à partir des années 1920, Le Corbusier en France à partir de la soi-disant charte d’Athènes éditée en 1943 on a voulu penser et on a effectivement planifié la ville sans le commerce.

Ainsi sont nés les grands ensembles des années 1960. Trop vite dégradés par les gestions collectivistes ils ont donné naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui les « cités ».

L’histoire des villes peut nous être racontée, enseignée, sous des angles très différents. On nous dira par exemple, qu’Alexandre le grand fonda toute une série de cités éponymes. Leur souvenir s’échelonne du Delta du Nil jusqu’à Kandahar en Afghanistan. Les lecteurs de Kipling ont ainsi aimé « l’Homme qui voulut être roi ». (1)⇓

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Or, le grand conquérant macédonien procéda certes toujours en commençant par l’édification d’un temple, marquant par-là semble-t-il le rôle irremplaçable du sacré dans la vie des hommes.

Économiquement, en revanche, la ville ne prospère et ne dure que par l’activité, la vitalité, la santé des marchands et des gens de métiers.

De temps immémoriaux, en Gaule, et historiquement dès le mouvement communal du XIe siècle, ce furent et les guildes et les jurandes, les corps de métiers, à commencer par celui des marchands d’eau qui ont produit la Ville. Les rois capétiens ne s’y trompaient pas. Le démontrent : saint Louis qui organisa les corporations du XIIIe siècle, Henri IV qui jeta les bases des chambres de commerce, Louis XIV lui-même dont Saint-Simon qualifie le « règne de vile bourgeoisie ».

Ce sont au contraire les révolutionnaires jacobins qui n’auront de cesse de s’en prendre aux libertés professionnelles avec le décret Le Chapelier qui interdit de substituer de nouvelles et libres « corporations » aux institutions vermoulues des anciennes jurandes dont les privilèges avaient été abrogés.

Et si au-delà des municipalités on veut bien réfléchir aux perspectives d’avenir de ce pays, et pourquoi pas à l’Europe, on doit bien convenir qu’on n’y relancera ni la croissance ni l’emploi en bridant inutilement la libre entreprise et les échanges.

Il convient donc de redonner à l’initiative économique (2)⇓ de chacun sa place dans la cité.

Apostilles

  1.  Mis à l’écran par John Huston en 1975. 
  2.  Pour découvrir l’économie quoi de plus clair, accessible et intelligent que la pensée de Frédéric Bastiat. .

JG Malliarakis

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