Même l’altruisme peut et doit être efficace

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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altruisme et efficacitéLes Français ont ils des leçons d’efficacité dans la gestion de leur altruisme à recevoir?

« L’altruisme efficace » fait de plus en plus d’adeptes dans le monde anglophone, mais le concept reste méconnu en France. Décryptage avec le philosophe australien Peter Singer, titulaire de la chaire de bioéthique à l’université de Princeton, figure de référence de ce mouvement philanthropique.

C’est l’un des philosophes contemporains les plus influents au monde qui sera présent à Paris ce samedi, mais paradoxalement personne n’en parle. Il faut croire que la philosophie utilitariste dont se revendique Peter Singer, professeur de bioéthique à Princeton, ne séduit pas les Français. Ainsi, sa réflexion sur le rapport des hommes aux animaux en prenant en considération les intérêts de ces derniers l’a conduit à théoriser la libération animale, qui a débouché sur des changements pratiques à travers le monde. De même, le concept d’altruisme efficace, qui consiste à maximiser l’impact d’un don en y appliquant des raisonnements économiques, peut paraître provocateur. Pourtant, il trouve aujourd’hui de plus en plus d’applications dans le monde anglo-saxon. Peter Singer explique pour La Tribune sa conception de la philanthropie.

La Tribune – L’altruisme efficace applique une logique économique à l’acte de donner, souvent considéré comme désintéressé. N’est-ce pas paradoxal ?

Peter Singer – Supposons que je veuille donner 1.000 euros pour aider les plus démunis. L’acte perd-il son caractère désintéressé si je prends le temps de réfléchir à une utilisation qui serait la plus efficace possible, qui aiderait le maximum de personnes dans le besoin ? Sûrement pas. Alors pourquoi imaginer qu’appliquer un raisonnement économique au don le rend moins désintéressé ?

Par exemple, ceux qui veulent aider les sans-abri qu’ils rencontrent dans leurs rues se voient recommander d’autres associations, plus efficaces certes, mais œuvrant pour d’autres causes. Ce peut être frustrant…

J’espère que quand ces personnes réaliseront qu’elles peuvent faire plus de bien en aidant des gens qui se trouvent à l’autre bout de la planète, elles accepteront de le faire. Pour autant, elles sont bien sûr libres d’aider les sans-abri près de chez elles, c’est toujours mieux que de n’aider personne.

Vous faites référence à la philosophie utilitariste, un courant de pensée peu connu en France. Pourriez-vous le définir ?

L’utilitarisme considère qu’une action est bonne si elle a les meilleures conséquences possibles pour tout ceux qui en sont affectés. Par « meilleures conséquences possibles », les utilitaristes entendent généralement celles qui augmentent le plus le bien-être, par exemple en propageant le bonheur contre la misère. D’ailleurs, les utilitaristes devraient tous être des altruistes efficaces. Mais tous les altruistes efficaces ne sont pas utilitaristes.

Que pensez-vous des initiatives qui mettent en pratique l’altruisme efficace, comme la Fondation Epic consacrée à la protection de l’enfance, ou 80,000 hours qui propose de mettre sa carrière à contribution pour faire le plus grand bien possible ?

Je ne connaît pas suffisamment le travail de la fondation Epic pour répondre. En revanche, 80,000 hours offre des conseils utiles et parfois surprenants pour mener une carrière éthique.

Concrètement, pourquoi l’altruisme efficace séduit-il particulièrement les acteurs des nouvelles technologies ?

Dans ce secteur, certaines personnes deviennent très riches alors qu’elles sont encore jeunes. Mais même si elles disposent à 30 ans de suffisamment d’argent pour rester assises sur une plage de Tahiti pour le restant de leur vie, ce n’est pas une perspective enthousiasmante. Elles devraient donc chercher une activité plus épanouissante pour les prochaines décennies. L’altruisme efficace peut être une option. De nombreuses personnes affirment que cela a donné davantage de sens à leur vie et leur a procuré un sentiment de plénitude.

Enfin, les entreprises peuvent-elles aussi devenir des altruistes efficaces ?

Je ne sais pas si on peut vraiment qualifier une entreprise « d’altruiste ». En revanche, ses employés peuvent devenir des altruistes efficaces eux-mêmes et faire le bien au travers de ses activités.

Sourced through Scoop.it from: www.latribune.fr

Commentaire de Thibault Doidy de Kerguelen:
Personne n’a expliqué à Singer qu’il était en France, pays qui considère que la « solidarité » doit se substituer à la charité, concept déclaré définitivement paternaliste et passéiste?
En France, l’Etat s’est attribué le rôle de la gestion de cette « solidarité ». Cette gestion, outre qu’elle est tout sauf efficace,  pompe les revenus des forces vives de la Nation qui, ayant bien du mal à assumer leurs propres besoins , ne se posent plus la question de l’efficacité de dons qu’ils peuvent de moins en moins faire…Les jeunes milliardaires français grâce aux nouvelles technologies sont déjà aux USA et gèrent leur altruisme selon les règles en vigueur là bas…Libérez les Français du carcan de l’Etat, redonnez des marges de manœuvre, laissez aux Français le droit de disposer de leurs revenus,  et vous verrez qu’ils sauront gérer leur altruisme avec efficacité. L’abbé Pierre ou les French Doctors, même s’ils ont été bouffés par le grand Moloch, sont devenus ce qu’ils sont parce qu’ils ont su gérer l’altruisme des Français avec … efficacité!

2 comments

  • Ne pas oublier non plus le côté fumier et « coeur sec » du Français moyen qui n’aime pas du tout faire du bien aux autres même quand ça ne lui coûte rien, sauf si sa vanité y trouve son compte… Conclusion, pour le Français moyen, l’altruisme inefficace est la bonne stratégie, puisque nuisible sur le fond et généreuse sur la forme. Le Français moyen est, comme on pouvait un peu s’en douter, pathologiquement vaniteux, jaloux et mesquin, bref, pas fréquentable. Un vrai fumier, quoi! Surtout les gauchistes soixante-huitards « pousse-toi de là que je m’y mette ». Vous avez le droit de ne pas être d’accord, évidemment.

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