Grèce: La fin du mensonge?

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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Hier, Monsieur Baudouin Prot (BNP), dans une interview sur BFM Business (entre 2′ et 3’24 »), a donné le signal:

Avec toutes les précautions d’usage, affirmant ne pas vouloir extrapoler sur la situation d’un Etat de la zone euro, il a tenu à rassurer les investisseurs, ses actionnaires et ses clients. Une décote de la dette de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal n’aura qu’un impact limité (1 €) sur l’action BNP (j‘invite les lecteurs qui maîtrisent la PNL à regarder l’oeil gauche de M. Prot au moment ou il affirme que BNP conservera ces titres jusqu’à leur terme…).

« Si la dette grecque était réévaluée en prenant pour référence les prix de marché de la fin du mois de mars, ceci coûterait à BNP Paribas environ un euro par action, alors que notre actif net par action est de 57 euros« , a-t-il très précisément déclaré, prenant comme hypothèse une décote d’environ 25 à 30% sur le prix des obligations d’Etat grecques. Le nombre d’actions de BNP Paribas à fin décembre s’élevant à 1,198 milliard, cela veut dire que M. Prot évalue la dépréciation nécessaire dans les comptes de la banque à 1,2 milliard environ. « C’est un impact qui serait tout à fait absorbable pour BNP Paribas compte tenu du caractère modéré de nos expositions sur ces pays et de la grande solidité de nos fonds propres« , a-t-il enfin déclaré, affirmant que l’exposition de son groupe aux trois pays les plus fragiles de la zone euro, la Grèce, l’Irlande et le Portugal, atteignait 6,7 milliards d’euros.

Nous allons voir, dans les prochains jours, les uns après les autres, les responsables des grandes banques faire de même et assurer que, dans le cas « très improbable » d’un plantage de la Grèce, leur institution a tout prévu et pourra absorber… Certains auront plus de mal que d’autres, certainement.

En tous cas, la loi du silence est rompue. Les commentateurs, même ceux du très politiquement correct « Les Echos », s’engouffrent dans la brèche. Un excellent article de son rédac’ chef (vous remarquerez que ce n’est pas le pigiste de service qui s’y colle), Pierre Vidal, a attiré mon attention. On y parle d’hypocrisie, de tabou qui tombe; pour peu on l’entendrait dire que « la parole se libère »!  C’est la confirmation, l’aveu, de ce que nous sommes quelques uns à répéter inlassablement: les journalistes des grands medias ne sont que des caisses de résonance des discours officiels. Pas question de parler de la faillite imminente de la Grèce si un patron de grande banque ne donne pas le feu vert.

A la lumière de cet enseignement, et puisque « la parole se libère », regardons de près ce qu’il s’en dit.

La faillite de la Grèce (se ne serait jamais que la cinquième de son histoire après 1826, 1843, 1860 et 1893…) n’est pas clairement énoncée. Ce dont tous les journalistes et tous les grands medias vous parle, c’est de la « restructuration » de la dette grecque. Qui dit « restructuration » dit modification des paramètres constitutifs de la dette et non remise en cause de la dette elle-même. Et pourtant, nous savons tous que la Grèce ne pourra jamais payer ce qu’elle doit. Vers quoi nous orientons nous? Abandon de créances? Réduction de taux? Délais de paiement à la saint Glinglin? Changement de la devise de référence?

Une chose m’apparaît comme plus que probable: Si les responsables des grands établissements bancaires commencent à parler de perte, c’est que, de leur point de vue, les CDS (Credit Default Swaps) ne vont pas fonctionner. Il est à penser (là, j’extrapole) que les autorités européennes ou la BCE ne veulent surtout pas que les CDS soient activés. En effet, comme je ne cesse de le dire depuis plus de trois ans, les CDS sont comme des dominos dans un spectacle et le dernier de ces dominos est la garantie apportée par nos Etats! Face aux conséquences de leur folie, les Etats européens vont empêcher le déclenchement des CDS qui, par effet de cascade les mettraient en situation de devoir répondre.

Donc, même si nous voyons un abandon de créance, celui-ci sera déguisé en « restructuration » et ne déclenchera pas le CDS afférant.

Bien.

Mais quid, alors, de la valeur des obligations supportant cette dette souveraine soudain dévalorisée et dont sont truffés bon nombre de contrats d’assurance-vie français?

Vous savez, ces fonds obligataires dont votre conseiller ou votre commercial de référence vous a garanti qu’ils étaient « couverts »! Couverts par quoi? Il ne vous l’a pas dit, bien sûr. Imaginez (ce n’est pas une simple hypothèse) que ce soit par un CDS … qui justement ne s’activera pas? Pfouittt! Finie la couverture! Verrons nous certains « fonds euro » servir un intérêt inférieur à l’inflation en 2011?

Alors, vite, courrez chez votre CGP ou votre banquier ou votre assureur et exigez de comprendre par quoi est couvert le fonds obligataire qu’il vous a fait souscrire l’an dernier ou il y a deux ans. S’il n’est pas capable de vous expliquer clairement ou si vous ne comprenez pas, ARBITREZ!

Si vous avez souscrit au titre de votre PME des SICAV de trésorerie « garanties », investies dans des obligations d’Etats ou obligations « souveraines », LIQUIDEZ!

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