Assurance vie: Bilan 2011

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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Le mois de décembre se clôt par une nouvelle décollecte en assurance-vie, d’apparemment 3.8milliard d’Euros, ce qui porte le résultat « collecte nette » sur l’ensemble de l’année à 7.6 milliards contre plus de 51 en 2010.

Si on regarde dans le détail, en 2011, les cotisations en assurance vie baissent de 14 % par rapport à l’année précédente pour atteindre 124 milliards d’euros, tandis que les prestations s’élèvent à 116,4 milliards d’euros en 2011 (+ 25 %).

Dans ces prestations, nous retrouvons bien sûr les capitaux ou rentes versés au moment de la retraite ou en cas de maladie, accident ou décès, mais aussi les rachats, c’est-à-dire les sommes retirées par les assurés sur leurs contrats d’assurance vie. Et ce sont bien ces rachats qui ont connu la plus forte progression en 2011.

La FFSA (Fédération Française des Sociétés d’Assurance) a beau, par la voix de son délégué général, Jean-François Lequoy nous « assurer » que tout va bien et que l’année 2011 fut bonne, il n’empêche que ses services se sont penchés sur les rachats et, à travers une étude fort bien menée, nous permettent de mieux en comprendre les ressorts et les motivations.

D’après cette enquête de la FFSA, dont les schémas de synthèse figurent ci-dessus, la plupart des assurés n’ont retiré qu‘une partie de leur argent sur leur contrat d’assurance vie (en demandant un « rachat partiel »), dans un but de consommation.

Ceci résulte principalement de la situation de crise que commençons à connaître. Chômage qui augmente, prix à la consommation qui ont progressé, revenus qui marquent le pas ont caractérisé l’année 2011 et qui ont créé un environnement peu propice à l’épargne et à l’engagement long. C’est un truisme, en période de crise, les ménages puisent dans leur épargne pour consommer, et cela se remarque particulièrement avec la baisse de l’épargne financière entre septembre et décembre 2011. Lorsqu’ils peuvent épargner, les  ménages se tournent plutôt vers les placements liquides ou l’immobilier (sentiment d’insécurité).

A cette incertitude économique (hausse du chômage, croissance en berne), s’ajoutent l’incertitude globale sur les dettes souveraines en Europe, leur conséquence sur les fonds Euro et la fiabilité des compagnies d’assurance. Nous sous estimons pas non plus l’inquiétude sur la stabilité du régime fiscal de l’assurance vie (particulièrement depuis le débat sur la fiscalité du patrimoine).

Cette morosité a durci la concurrence entre l’assurance vie et certains produits d’épargne, en particulier liquides, comme le Livret A ou les comptes à terme. Il faut reconnaître que, une fois prélevés les 13.5% de CSG/CRDS et la fiscalité sur les 3% de rendement de la majorité des fonds Euros des contrats d’assurance-vie (certains ont fait moins), le rendement net net du livret A est plus que compétitif.

L’attrait pour l’immobilier ne s’est pas démenti, d’une part pour des raisons d’opportunité fiscale conjoncturelle (durcissement des régimes Scellier et Bouvard au 31 mars 2012), et d’autre part pour l’aspect tangible et concret qu’il représente face à l’évanescence de placements financiers en perpétuelle mutation fiscale et réglementaire et un contexte monétaire manquant pour le moins de visibilité et de sécurité. En clair, un bien immobilier vaudra toujours quelque chose, quelle que soit la monnaie en cours. Il sera aussi toujours négociable. Un placement financier peut perdre subitement de sa valeur en fonction de la monnaie dans laquelle il est libellé et se trouve toujours menacé par l’article L 612-33 du code monétaire et financier qui du jour au lendemain peut en interdire la négociation ou la réalisation.

Rien ne laisse penser que la tendance 2011 du marché de l’assurance-vie s’inversera en 2012. Il est même possible que les difficultés de certaines compagnies (Groupama par exemple) ou de certaines banques (Crédit Agricole ou Socgen) n’amplifient le phénomène.

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