« The Fall of France »

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Longtemps éditeur, chroniqueur sur Radio Courtoisie, membre fondateur de Lumière 101, fondateur ou initiateur de plusieurs mouvements politiques de droite, Jean-Gilles Malliarakis s'est orienté maintenant vers une analyse et une réflexion approfondie des mécanismes libéraux au service des Nations. Il a écrit plusieurs ouvrages dont "Pour une libération fiscale" que vous pouvez trouver à la librairie en ligne de "MaVieMonArgent"

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Il y a peu, Newsweek, l’hebdomadaire le plus lu au monde, titrait « La chute de la France » que Jean Gilles Maliakis analyse pour nous…

« The fall of France », un article somme toute bien décevant au regard de la réalité de la décadence de notre pays…..
Les affligeantes réactions de trop de nos concitoyens à un article apparu ce 3 janvier sur le site internet de « Newsweek » méritent plus qu’un haussement d’épaules. Survolant le triste sujet de la « Chute de la France » son auteur ne pèche en fait que par la médiocrité de sa documentation. Elle ne connaît guère l’Histoire du pays qu’elle s’attache à fustiger. Elle aurait donc pu recevoir quelques correctifs à ses erreurs. 

Quand on tient Jean-Paul Sartre pour un haut représentant de l’esprit français on s’expose à nous déplaire. Elle y est certainement parvenue. Mais globalement on ne peut guère que souscrire à l’idée sous-jacente à son bilan mal fait, qu’elle conclut cependant par une déclaration d’amour à ce pays.

Rappelons que « The Economist » avait, à la veille des scrutins de 2012, mis l’accent sur le « déni » de la classe politique française. On se scandalisa. On nia le déni. Exactement comme pour l’article de « Newsweek ».

Or, après 18 mois de règne hollandais, cet argument était revenu en boomerang contre le bénéficiaire même de la dénégation. L’homme qui avait promis un redressement indolore devenait un simple falsificateur de statistiques improbables sur la courbe du chômage.

L’agacement face au prétendu « déclinisme » témoigne en effet, précisément, du déclin lui-même, et il contribue à son aggravation.

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Ce qui tue la France, à petit feu certes mais de plus en plus vite, découle donc de tout cela et ne date pas d’hier.

« Ils ont de la viande, eux, en Tchécoslovaquie. » Ce titre en première page de L’Humanité du 16 septembre 1947 pourrait ainsi nous faire réfléchir, aujourd’hui encore. Les événements de février 1948, conduiraient le président tchécoslovaque, Benès, après deux semaines de pressions intenses des Soviétiques, à céder le pouvoir aux staliniens et à leurs chefs, Gottwald et Slansky. On appellera cela le coup de Prague. Mais déjà, six mois auparavant le ver de l’alliance socialo-communiste, avait commencé sa funeste pénétration dans le fruit. Proposé en juillet 1947 le plan Marshall avait été d’abord accepté à l’unanimité par le gouvernement tchèque auquel Staline enjoignit de faire machine arrière. Ce qu’il fit. En présentant la situation de l’économie de ce pays comme meilleure les propagandistes du PCF cherchaient à faire croire à l’opinion que le retour de Thorez au gouvernement allait faire venir de la viande à l’étal des boucheries.

Évidemment il s’agissait à la base d’un mensonge par omission. Au sortir de la guerre, l’ancien « Protectorat de Bohême-Moravie », ayant bénéficié d’un des régimes d’occupation les moins rigoureux d’Europe, subissait moins de restrictions que d’autres pays.
La politique dirigiste s’était abattue sur la plupart des pays de l’Europe libérée. Et bien entendu la France, loin de faire exception se glorifiait de son « modèle » naissant. L’année 1946, avait été marquée par le passage du sinistre Marcel Paul au ministère de la Production industrielle. Elle avait vu une avalanche de lois de nationalisations. Celles-ci avaient pu donner l’illusion d’une relance de l’industrie lourde, mais elles n’avaient pas facilité la production de biens de consommation, au point que le rationnement et son corollaire appelé marché noir sévissait toujours.

Le contexte politique mérite d’être dès lors rappelé. À l’époque, l’organe central du parti communiste français se battait pour faire rentrer ses ministres dans un gouvernement d’union « de tous les républicains ». Sentant que les socialistes s’éloignaient alors, de plus en plus, de la satellisation à laquelle on les invitait, cette proposition ne contenait plus le membre de phrase « et de tous les laïcs ». On se proposait en effet de rallier certains catholiques « de gauche » et si l’on veut bien consulter les travaux du Comité central réuni à Aubervilliers le 13 septembre de la même année on découvre par exemple l’absence de référence à la laïcité.

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On pourrait donc dire, à notre tour, en ce début d’année 2014 :

« Ils ont un taux de croissance de 2,5 %, eux, en Grande-Bretagne. »

« Ils ont un taux de chômage très bas, inférieur à 7 %, eux, en Allemagne« , quand nous en comptons officiellement 11 %.

Et on doit préciser que le chiffre allemand inclut, dans les 7 % de chomeurs, les gens qui ont été obligés d’accepter les travaux très mal rémunérés de la loi Hartz-IV qui représentent entre 3 et 4 % de la population active.

La gauche reste malheureusement face aux bons résultats des autres, dans une logique d’envie, de ressentiment, sans se demander pourquoi cela va vraiment mal ici quand ça va mieux ailleurs. De toutes façons la logique commune reste : c’est la faute à ces salauds de capitalistes. Dans l’après-guerre les difficultés du ravitaillement étaient supposées provoquées par les spéculateurs.

Cela renvoie en effet au regard que l’on se trouve malheureusement contraint d’observer à notre tour parce que c’est celui que portent les Français sur les réussites de leurs voisins.

Sur l’Allemagne, nos gros moyens de désinformation vont disposer d’une arme imprévue et paradoxale. Du fait de la grande coalition, incorporant le SPD, archi-vaincu du scrutin du 22 septembre 2013, on va nous faire croire que nos voisins d’outre-Rhin tendront nécessairement, dans les années à venir, à se rapprocher du modèle français. Si cette prévision devait par malheur se réaliser toute l’Europe pourrait le déplorer.

Quant à l’Angleterre on lui reprochera désormais, après avoir retrouvé la croissance en 2013-2014, de vouloir résorber ses déficits publics à partir de 2015. Ainsi donc David Cameron et George Osborne ne suivent pas les recettes keynésiennes. Quelle horreur.

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