Échec total de la politique de la BCE

Analyses
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Jean-Pierre Chevallier est économiste. Ancien professeur d’économie à l’université de Nice, il est spécialiste de politique monétaire et analyste financier indépendant. Il se définie lui-même comme "Business économiste monétariste béhavioriste Analyste financier indépendant, contrarian...

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La politique monétaire menée par les Marioles de la BCE est un échec total mais ils persistent en l’aggravant, ce qui est incompréhensible pour toute personne sensée…

L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics a dit Arthur, Laffer, ce qui signifie que la première préoccupation des autorités d’un pays est de veiller à ce qu’il n’y ait pas de bulle dans un des agrégats monétaires.
C’est une condition nécessaire pour que la croissance puisse se développer sur de bons fondamentaux.

Ainsi par exemple, le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke et ses acolytes ont fait éclater l’hypertrophie de l’agrégat M3-M2 qui s’était développée surtout dans le secteur bancaire en remontant les taux de base de la Fed au-dessus des rendements des Notes à 10 ans, ce qui a fait éclater cette bulle en produisant par ailleurs des dommages collatéraux particulièrement importants, mais il était indispensable de restaurer de bons fondamentaux, en particulier pour que l’Amérique garde son leadership sur le Monde libre.

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Evidemment, pour comprendre ces problèmes, il faut avoir une certaine culture monétariste, ce qui manque en Europe continentale.

La bulle en M1 dans la zone euro est gigantesque : de l’ordre de 5 000 milliards d’euros, ce qui correspond à quasiment la moitié du PIB annuel alors que la bulle en M3-M2 en 2008 n’était que de l’ordre de 500 milliards… seulement !

Il est possible de faire éclater une hypertrophie en M3-M2, ce qui a été fait dans une certaine douleur, mais il n’y a pas d’antériorité pour ce qui concerne une telle bulle en M1 et il est difficile d’imaginer une solution.

Donc, au mieux, la vieille Europe continentale continuera à survivre cahin-caha avec une croissance très faible, un désordre croissant, un chômage élevé, avec toujours le handicap d’une crise majeure mais avec des rendements de bons à 10 ans de Trésors de référence à zéro voire négatifs, en tendance lourde et longue baissière, il est difficilement imaginable que cette situation puisse perdurer.

Au pire, le pire est pensable, imaginable, concevable avec un tsunami bancaire, un €ffondrement du château de cartes des méga entités surendettées.

Les Marioles de la BCE n’ont manifestement aucune conscience de la gravité de ces problèmes monétaristes ni même de leur existence…

Ils persistent à croire qu’en proposant aux banques des prêts portant sur des centaines de milliards d’euros à des taux d’intérêts quasiment à zéro, ces banques les prêteront à des investisseurs (entreprises et particuliers) alors qu’ils savent pertinemment que ces banques redéposent ces centaines de milliards à la BCE, ce qui ne produit aucun effet positif, évidemment car en absence de croissance, les investissements sont logiquement au plus bas, même si les taux d’intérêts sont eux aussi au plus bas.

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Leurs propositions sont d’ailleurs totalement illogiques car, en induisant des taux négatifs, ils mettent en difficulté les banques et tout le secteur financier au sens large, avec en particulier les assureurs et les caisses de pension (dans les pays comme la Suisse où les systèmes de retraites sont basés sur ce principe).

Cette hypertrophie en M1 est très certainement provoquée par les politiques gouvernementales dites d’aides sociales financées par l’endettement supplémentaire d’Etats déjà surendettés et qui consistent en fait à distribuer démagogiquement en masse de l’argent non gagné.

En effet, s’il est logique de s’endetter pour financer un investissement en bien durable, un endettement ne doit pas financer des dépenses de consommation.
Ce sont les revenus d’un travail (c’est-à-dire une production de richesse supplémentaire) qui doivent financer de telles dépenses courantes.

Evidemment, il est inenvisageable pour des hommes (et des femmes) politiques de mettre fin à un système généralisé d’assistance, sauf rarissimes exceptions comme en Allemagne.

Dans ces conditions, il est compréhensible que les bons spéculateurs et en particulier les Américains considèrent que l’avenir de la vieille Europe continentale est particulièrement inquiétant, même pour eux.

Pour l’instant, tout va bien, pas de tsunami, l’avenir et la quiétude de la nomenklatura des hommes (et des femmes) politiques est assuré.

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