Les chiffres de Mai, c’est la cata tranquille…

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Jean-Pierre Chevallier est économiste. Ancien professeur d’économie à l’université de Nice, il est spécialiste de politique monétaire et analyste financier indépendant. Il se définie lui-même comme "Business économiste monétariste béhavioriste Analyste financier indépendant, contrarian...

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La Banque de France vient de publier les chiffres de la balance des paiements du mois de mai 2013. Tout le monde en parle, n’est ce pas?

La balance des transactions courantes qui synthétise le résultat de l’ensemble des activités courantes d’une nation vis-à-vis du reste du monde montre une dégradation étonnamment régulière depuis que la Banque de France publie ces chiffres, c’est-à-dire depuis le début de l’euro-système, quelle que soit la couleur du gouvernement avec un déficit de 4,1 milliards d’euros pour ce dernier mois…

Document 1 :

Ces déficits sont causés essentiellement par ceux de la balance commerciale : 5,9 milliards d’euros pour ce dernier mois contre des excédents de 13,1 milliards pour l’Allemagne !

Document 2 :

Aucun espoir de redressement contrairement à ce que l’on aurait pu rêver.

Depuis juin 2004, le cumul des déficits des biens seuls atteint un nouveau record de 429 milliards d’euros, nouveau record historique,

Document 3 :

Les déficits de la balance commerciale s’expliquent en grande partie par l’euro fort.
Comme la France n’est plus compétitive vis-à-vis de l’étranger et que la crise s’accentue en France et dans ces autres cochons de pays du Club Med, les entreprises étrangères n’investissent plus en France et les entreprises françaises n’investissent plus à l’étranger, la tendance du déficit des IDE (Investissements Directs Etrangers) se poursuivant depuis l’adoption de l’euro,

Document 4 :

Au total, ce sont donc 1 000 milliards d’euros de déficits qui se sont accumulés depuis ces dernières années !

Les conséquences en sont occultées par l’existence de la zone euro et par les achats massifs de mauvais bons du Trésor français par des investisseurs à l’étranger, imprudents, ignares et crédules (dont la BNS !) qui commencent à se méfier quand même de ce cochon de pays du Club Med.

Fin mai, le total de la dette de l’Etat était de 1 443 milliards d’euros,

Document 5 :

Comme 62 % de la dette de l’Etat est souscrite par des étrangers (principalement anglo-saxons, ou arabes des monarchies pétrolières via Londres), ces déficits sont comblés par ces 900 milliards d’euros imprudemment investis en mauvais bons du Trésor français,

Document 6 :

Avant, du temps du système de Bretton Woods, tout le monde, de la ménagère au président de la République, savait que les déficits de la balance commerciale allaient entrainer une dévaluation, ce que s’est empressé de faire Pompidou juste après son élection (une dévaluation de 12,5 % le 8 août 1969), ce qui a permis de prolonger la croissance jusqu’à la fin des 30 Glorieuses.
Maintenant, plus, personne ne comprend ces problèmes économiques simples.
C’est avancer les yeux fermés au bord du gouffre.

Pour terminer joyeusement : notons que les grosses têtes de la Banque de France ont perdu la trace 5 à 6 milliards d’euros dans l’usine à gaz de la zone, ce qui n’est pas grand chose par rapport à ce que ça a eût été,

Document 7 :

Cliquer ici pour voir la page des données de la Banque de France sur la balance des paiements.
Cliquer ici pour voir la page des données de l’Agence France Trésor.

Jean Pierre Chevallier

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