L’économie turque en sursis

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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l'économie turque en sursisAux abois, le Président turc appelle ses concitoyens à soutenir la livre turque

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté le 2 décembre ses concitoyens à convertir leurs devises étrangères en livres turques, afin de soutenir la monnaie nationale qui ne cesse de se déprécier.

«Que ceux qui ont des devises étrangères sous l’oreiller les convertissent en or, les convertissent en livres turques. Que la livre turque et l’or gagnent de la valeur», a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours à Ankara retransmis à la télévision.

Les déclarations du président turc surviennent alors que la livre turque bat chaque semaine de nouveaux records à la baisse face au dollar en raison des incertitudes politiques et d’une situation sécuritaire tendue. La livre a atteint un plus bas de 3,51 pour un dollar.

La livre s’est dépréciée de 10% par rapport au dollar durant le seul mois de novembre.

Un interventionnisme étatique qui commence à peser

Les marchés s’inquiètent aussi des interventions répétées dans les affaires économiques de Recep Tayyip Erdogan qui ne cesse d’appeler la banque centrale à baisser ses taux, malgré une inflation élevée de plus de 7%.

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«Il n’y a pas d’autre choix que de faire baisser les taux d’intérêt», a encore insisté Recep Tayyip Erdogan le 2 décembre. «Ce que je dis est aussi valable pour les banques publiques», a-t-il ajouté.

Cependant, la Bourse d’Istanbul a annoncé dans la soirée qu’elle avait «décidé de convertir en livres turques tous ses avoirs en liquide […] pour soutenir l’appel du président Erdogan».

Consciente des inquiétudes suscitées par l’érosion de la livre, la Banque centrale turque a relevé en novembre de 50 points de base son principal taux directeur après une longue période de baisse.

Cette mesure n’a eu que peu d’effet, tant les tensions politiques sont élevées : les relations avec l’Europe se sont fortement dégradées et le Premier ministre turc a annoncé l’introduction au Parlement la semaine prochaine d’une réforme constitutionnelle visant à renforcer encore les pouvoirs du président, en l’occurrence de Recep Tayyip Erdogan.

Les plus hauts responsables du secteur économique étaient une nouvelle fois réunis dans la soirée du 2 décembre au sein du Conseil de coordination économique (EKE), pour la troisième fois en deux semaines.

Plusieurs mesures ont été décidées afin de soutenir les dépenses publiques, le secteur financier et bancaire ainsi que les marchés immobiliers et du travail, indique un communiqué publié à l’issue de cette réunion de l’EKE.

Aucun détail n’a été donné sur ces mesures qui seront annoncées publiquement la semaine prochain après un examen technique.

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