La croissance 2014 ne fera pas 0.9%!

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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En plein débat budgétaire, l’assureur crédit Euler Hermes annonce que la croissance devrait se limiter à 0,6% en France en 2014, ou au mieux 0,8%.

« Dans notre scénario central, la croissance resterait à +0,6%, soutenue par une simple reprise mécanique des investissements », explique Ludovic Subran, économiste en chef d’Euler Hermes, cité dans le communiqué.

La fourchette de progression de l’investissement, qualifié de « pivot de la reprise économique », retenue par Euler Hermes est de +0,2% à +0,6% après une chute de 2,4% en 2013. Le gouvernement prévoit quant à lui une croissance de l’activité économique de 0,9% dans son projet de budget 2014.

Euler Hermes, spécialiste des défaillances d’entreprises, s’attend à un léger repli de 1% de celles-ci en 2014. Leur niveau resterait néanmoins très élevé, à 61.800. Ces défaillances coûteraient 0,22 point de produit intérieur brut et la destruction de 165.000 emplois, soit un demi-point de chômage en plus, selon l’étude.

Et si l’investissement reprenait?

La création de la Banque Publique d’Investissement et la possibilité de financer directement les entreprises par le bilan des assureurs « fluidifieront sans doute le financement de l’investissement, mais ne devraient pas avoir d’impact direct chiffré en raison de leurs modalités complexes de mise en œuvre », estime Euler Hermes.

En revanche, « on estime l’impact potentiel du Cice à 0,2 point de marge supplémentaire, qui pourrait se transformer en 0,2 point de dynamique d’investissement », estime l’économiste, en référence au crédit d’impôt compétitivité emploi qui devrait théoriquement alléger le coût du travail des entreprises de 10 milliards d’euros en 2014 puis de 20 milliards les années suivantes.

« Associées au crédit d’impôt recherche et aux investissements d’avenir (12 milliards d’euros), ces mesures pourraient tripler la dynamique de croissance annuelle des investissements », ajoute-t-il.

Par contre, les économistes de l’assureur crédit considèrent que le nouvel impôt sur l’excédent brut d’exploitation inscrit dans le projet de budget pour 2014 « pourrait mettre à mal cette dynamique en créant une désincitation à l’investissement » qui risquerait d’annihiler l’effet « Cice ».

La consommation?

Véritable dogme politique, le fameux « moteur de la croissance » en France qu’est la consommation serait « résiliente en 2014 à +0,4% », une faible accélération après la hausse de 0,3% en 2013. Une donnée étonnante si nous tenons compte de l’accroissement du chômage prévu dans l’étude, d’une pression fiscale accrue, d’une diminution des prestations sociales et d’une augmentation de la pression sur les retraites.

Les exportations?

L’étude voit venir « un nouveau souffle pour les exportations avec 18 milliards d’euros de demande supplémentaire adressée à la France en 2014 » et ce « grâce à la fin de la récession en zone euro » qui concentre 60% des exportations françaises. La balance commerciale ne se réduirait que légèrement, avec un déficit réduit à 67 milliards d’euros au lieu de 70 milliards en 2013, toujours selon l’étude de Euler Hermes.

Quid du déficit public?

L’assureur mise sur un déficit public à 3,8% de PIB fin 2014, contre 4,1% en 2013. Cette prévision est supérieure à celle établie par le gouvernement dans son projet de budget (3,6%).

Autrement dit, « l’objectif de 3% en 2015, c’est pas gagné! »

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