Est ce le rôle de l’Etat d’investir dans les entreprises?

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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"Ne nous aidez pas!"La BPI sera au mieux un frein au développement économique, au pire un outil politicien.

La BPI n’est pas née que déjà toutes les tares inhérentes à sa fondations apparaissent. Les ministres qui se tirent dans les pattes, les tentations de certains à utiliser la BPI pour renflouer des secteurs en perte de vitesse, la frénésie des Présidents de Conseils Régionaux qui l’imaginent comme nouvel instrument de clientélisme, bref nous voyons resurgir les plus belles pages de SDR et du Crédit Lyonnais réunies…

Lire sur ce sujet l’excellent article de l’Expansion

Condamnée à servir la politique

Mais le fond du problème est il là? Comment un machin étatique s’occupant d’investir dans des structures privées peut il devenir autre chose qu’un instrument politicien au service de ses maîtres?

Au mieux, si nos dirigeants sont honnêtes et perspicaces, la BPI n’investira que dans des projets correspondant aux objectifs politiques et économiques de l’Etat. Au détriment d’autres projets qui auraient pu être rentables, qui auraient pu répondre à d’autres marchés que ceux que l’Etat a décidé de privilégier. Car investir, c’est choisir.

Lisez aussi:  Flagrant délit de mensonge sur la transition énergétique

Au pire, ce que nous avons déjà vécu avec les deux exemples précédemment cités, la BPI investira dans des projets sans avenir, uniquement parce que portés par des amis ou présentant une surface de communication favorable à tel ou tel élu. Parce que c’est la nature d’un politicien que d’utiliser tous les leviers qui se présentent à lui pour se faire réélire.

Dans tous les cas, le schéma choisi par nos gouvernants de prélever tout ce qui bouge, de dissuader l’investissement privé, pour, de son côté, investir là où ça lui convient, au niveau qui lui convient et sous la forme qui lui convient, procède soit d’une méconnaissance totale de l’économie, soit d’une volonté idéologique de la nationaliser.

Et si l’Etat commençait par s’occuper de ce qu’il gère déjà?

Est ce le rôle de l’Etat d’investir dans les entreprises? Comment, alors que tous les services régaliens, justice, sécurité intérieure et extérieure tombent en complète décrépitude, l’Etat décide-t-il de prendre en charge l’investissement dans les entreprises? N’a t il pas assez à faire pour assurer l’Education qu’il a déjà voulu assurer par lui même et la santé qui plonge chaque jour un petit peu plus? Le bon sens, la plus élémentaire réflexion permet de voir que plutôt que de taxer pour redistribuer (avec comme toujours une déperdition entre les deux, car il faut bien faire fonctionner les structures intermédiaires), il serait beaucoup plus efficace de laisser les investisseurs privés jouir de leurs capitaux et de les investir comme bon leur semble. D’abord parce qu’au final la proportion  « montants investis sur montants disponibles » serait plus importante et ensuite parce qu’un investissement réalisé par le propriétaire des fonds est très souvent plus judicieusement placé que celui qui est décidé par une commission composée d’experts fonctionnaires disposant de fonds qu’ils n’ont par eux même acquis.

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Tout cela pour dire que nous venons de vivre la naissance de ce qui très probablement sera le prochain fiasco de l’intrusion de l’Etat dans l’économie productive. C’est logique, c’est génétique….

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9 comments

  • Exact, le rôle de l’état est bien de NE PAS investir dans les entreprises qui restent un outil economique privé.

    Oui, mais, le rôle de l’etat est de reguler le fonctionenment economique, social, culturel, identitaire etc… du pays.

    A ce titre il a constaté que le milieu economique est malade et qu’il ne fonctionne plus normalement. Les entreprises sont en manque de credit.

    L’etat a donc deux façons d’agir — avec tous les mix possibles —

    1) il peut obliger les banques à preter…
    2) il peut preter lui même directement ou indirectement a travers un outil public.

    C’est cette derniere solution qui a été choisie et c’est normal, c’est la bonne solution, a condition bien entendu, que les prets accordés soient rapidement remplacés par de « vrais » prets concurrentiels, car dans le cas contraire, il risque d’y avoir des distorsions de concurrences.

    Et, comme vous le dites si bien, « investir c’est choisir » rien n’oblige une entreprise qui aura convaincu sa banque de se passer de la BPI.

    il faut sortir le nez du guidon et regarder, sur un plan systemique, où se trouve le blocage, c’est a dire determiner les raisons pour lesquelles il y a ce defaut de financement… et en attendant de regler le probleme, mettre en place les moyens adaptés, exactement comme on met un malade en salle de reanimation avant de soigner sa maladie.

    • Bonjour,

      Comment appelez vous un médecin qui inocule une maladie à un corps sain pour justifier ensuite un traitement qui maintiendra le malade sous perfusion?

      • … vous avez raison, sauf qu’on vient de changer de medecin et que la maladie est auto-imune.

        Cela dit, il faut aussi que le patient soit cooperatif. la BPI ne devrait pas avoir vocation à financer toutes les entreprises mais seulement celles dont le fonctionnement est perturbé par un autre defaut : les banques ne se prêtent même plus entre elles!

        Par ailleurs, mais c’est là un discours plus structurel, on mesure bien que l’argent n’est pas une marchandise comme une autre et necessite donc un traitement different.

        Bonne semaine.

  • Bonjour

    Dommage que vous ayez mis cette phrase :
    « avec comme toujours une déperdition entre les deux, car il faut bien faire fonctionner les structures intermédiaires »
    entre parenthèses…
    Car à elle seule…elle résume bien le caractère non efficient de cet outil.

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