Le mythe du programme du CNR

Analyses
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Longtemps éditeur, chroniqueur sur Radio Courtoisie, membre fondateur de Lumière 101, fondateur ou initiateur de plusieurs mouvements politiques de droite, Jean-Gilles Malliarakis s'est orienté maintenant vers une analyse et une réflexion approfondie des mécanismes libéraux au service des Nations. Il a écrit plusieurs ouvrages dont "Pour une libération fiscale" que vous pouvez trouver à la librairie en ligne de "MaVieMonArgent"

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Histoire d’un vague texte de propagande communiste pompeusement baptisé « programme du CNR » et auquel nos réactionnaires bourgeois ne cessent de se référer….

Toute politique, toute volonté de réforme en France se heurte à un mur. Largement mythique, il a été maçonné à partir d’un dogme : le tout petit document de 6 pages, rédigé par quatre staliniens en 1944, Pierre Villon tenant la plume, pour servir de programme commun socialo-communiste. Appelé au départ « les Jours Heureux » la Mémoire a entériné faussement ce tract comme « programme du CNR ». Sous cette appellation certains l’invoquent aujourd’hui encore, de préférence sans l’avoir jamais lu.

Il ne semble donc pas inutile de revenir, dans le cadre de cette chronique, sur sa dissection, sur sa genèse et sa fonction mensongère.
Si l’on observe l’histoire de la gauche française, elle n’aura produit en effet, en deux siècles d’agitation, que quatre « programmes communs ». À la lecture, ils se révèlent moins dissemblables que ce que l’on pourrait croire. Guère de vrais changements depuis le manifeste de la Montagne de 1849 jusqu’au programme commun de 1972, en passant par le programme du rassemblement populaire de janvier 1936 et le fameux texte des « Jours Heureux » de mars 1944.

On notera à ce sujet une remarque édifiante de Claire Andrieu : « Dans les premiers jours de septembre 1944, les Français libérés découvrirent l’existence d’un « programme du CNR ». » (1)⇓

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Le CNR était passé le 11 septembre 1944 sous le contrôle de Saillant. Compagnon de route du parti communiste, (2)⇓ ce dirigeant cégétiste sera en 1946 l’un des instrument de son basculement complet de la centrale dans la dépendance du parti. Il sera le cofondateur avec son homologue russe Kouzntesov de la fameuse Fédération syndicale mondiale d’obédience soviétique… (3)⇓

C’est en 1942 en effet que l’unificateur de la résistance intérieure Jean Moulin désira faire formuler par un comité des experts les perspectives de gouvernement de la France libérée. Ce groupe de travail clandestin recruta essentiellement 9 membres. Presque tous allaient jouer un rôle important dans l’après-guerre, sous les Quatrième et Cinquième républiques. Citons ainsi Alexandre Parodi, Pierre Lefaucheux qui dirigera la régie Renault, Michel Debré, le professeur de droit Paul Bastid ou René Courtin, futur administrateur du Monde.

Cette équipe ne comportait aucun communiste. Elle produisit notamment un Rapport sur la politique économique d’après-guerre synthétisé en novembre 1943 par Courtin. Seul ce texte de 113 pages pourrait à la rigueur être tenu pour un « programme » de la Résistance intérieure, puisqu’il avait été communiqué pour accord à tous les mouvements. Mais ce fut pour le court-circuiter que les communistes conçurent le document de 6 pages auquel on ose faire encore référence aujourd’hui.

Jean Moulin avait été arrêté en juin 1943 dans des conditions dont les historiens débattent encore aujourd’hui. L’une des clefs de l’énigme repose à la fois sur sa relation aux communistes et sur le revirement tactique de la politique de Staline à partir de 1943. Celle-ci consistera dès lors à se débarrasser de l’étiquette sulfureuse du Komintern et à se délester d’une bonne partie de ses anciens alliés « antifascistes », anciens compagnons de route recrutés à la faveur de la guerre d’Espagne. Le plus significatif d’entre eux, Willy Münzenberg, avait été assassiné par les agents du NKVD pendant la période d’alliance soviéto-allemande. (4)⇓

Certes, longtemps encore, le PCF cherchera à « plumer la volaille » socialiste en acceptant tactiquement de lui proposer un « programme commun » etc. Et il y parviendra au début de la Quatrième république ! Ne perdons jamais de vue que jamais les Français n’ont vraiment voté en majorité pour les marxistes, malgré les poussées de socialismes étatistes dont la plus forte se manifeste en 1945, avec 49,6 % pour l’addition socialo-communiste aux législatives du 21 octobre 1945, mais quand même une majorité de 50,4 % en faveur de  leurs adversaires, démocrates-chrétiens, radicaux et libéraux.

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Dès les élections suivantes, le 2 juin 1946, le pourcentage socialo-communiste passe à 47 %. Il ne cessera de diminuer. En un quart de siècle, des législatives de 1945 à l’élection présidentielle de 1969 la gauche marxisante était donc passée d’une influence de 49,6 % à 31 % (Duclos + Defferre-Mendès + Rocard + Krivine). Et le bloc socialo-communiste s’est largement fissuré.

On comprend mieux pourquoi en 1971 Mitterrand a dû reconstruire un « nouveau » parti socialiste : celui dont Hollande fait figure d’héritier. Il avait été conçu dans une perspective d’alliance avec les « stals », lesquels s’effondrèrent dans les années qui suivront.

Le prix à payer se soldera, dès l’année suivante, par le « programme commun ». Ce document, qui semble extravagant lorsqu’on le relit de nos jours, avait été rédigé et négocié en 1972 sous l’influence de Chevènement. Il commencera à être appliqué, et il aura largement contribué à ruiner la France, à partir de 1981.

Le PCF continuera, du point de vue électoral, sa descente aux enfers. Mais du point de vue programmatique et syndicaliste, il ne se porte pas aussi mal qu’il le mériterait.

Les survivants impuni du stalinisme peuvent donc remercier les deux Pères Noël et autres rédacteurs de « programmes communs ». Et chacun doit mesurer aujourd’hui que le traineau de ces bonshommes rouges, à la source de ce que l’on veut figer aujourd’hui comme un « modèle français », ne venait pas de Finlande.

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2 comments

  • <> Il manque un « s » à « impuni ».

    Et qui est-ce qui est chargé de distribuer les punitions? Les Francs-maçons? Les Juifs? Que j’aime Adolf Staline…

    Pour le reste, je me gratte la tête : où donc Jean-Gilles Malliarakis veut-il nous emmener? Car enfin, il n’y avait pas que du mauvais dans le communisme, même si la maladie de la jalousie était le vrai motif de l’engagement de beaucoup trop de soi-disant communistes.

    Toujours cette incroyable erreur des gens qui prennent au sérieux cette notion de droite et de gauche qui n’est en réalité qu’une affaire de positionnement social, génétique et racial de l’individu par rapport au milieu dans lequel il évolue. Darwin a pratiquement tout expliqué en matière de psychosociologie. Non?

  • …pas la peine d’invoquer le CNR ou non, il s’agit d’un element cléf de l’intelligence societale!

    Lorsqu’on ne peut faire quelque chose seul, on se met a deux, a trois etc…

    La France a décidé qu’un element fondamental de la vie humaine passait par la santé. Elle a donc decidé de creer un environnement qui permette de mettre en place ce que personne ne peut faire tout seul, un systeme global au niveau de la nation, pour tous.

    Dans cet environnement il y a un certain nombre de services publics, de systemes de collecte, de redistribution et de reglements tous basés sur une organisation precise.

    le perimetre de cet environnement peut etre ajusté mais necessite un equilibre qui actuellement est rompu.

    Ceux qui le contestent, parce qu’ils s’imaginent pouvoir s’en affranchir, en rognent les contours et nous font croire que l’equilibre est impossible. Par exemple, les entreprises se plaigent du cout des cotisations sociales et obtiennent des exonerations qui plombent les comptes et ensuite nous expliquent que le systeme ne peut etre autrement qu’en deficit.

    A moins de decider qu’il y a a des sous-humains qui n’ont pas le droit aux scanners les plus modernes ou aux medicaments les plus techniques, qui n’ont pas le droit de boire de l’eau propre et avoir l’electricité chez eux, des enfants à l’ecole…. le seul systeme qui marche pour satisfaire le minimum de la dignité et de disposer d’un systeme INTELLIGENT et solidaire qui fournisse le prerequis humain.

    Le CNR etait une feuille de route, peu importe son nom, son origine et sa declinaison. Nous savons tous, qu’il est impossible d’accepter qu’une structure privée, circonscrite au portefeuille d’une minorité si grande soit elle, soit capable d’assumer ce prerequis, donc l’idée est de considerer la nation comme cette entité solidaire.

    La critique est aisée, la France ne s’est pas ruinée au contraire. Ce qui la ruine aujourd’hui, et vous le savez parfaitement, c’est l’etancheité inexistantes des flux financiers qui permet a toute structure privée de ne pas respecter son obligation de solidarité… sans oublier ce que justement ces acteurs economiques oublient, leur objectif de participation a la société à laquelle ils appartiennent et fournissant a tous les biens et les services qu’ils créent.

    Tant d’egoïsme et de betise… quand tout sera privé qui va assumer POUR VOUS ce que vous ne pourrez pas vous payer. demain, on va payer l’air qu’on respire, que vous acheterez a credit… tant que vous aurez un boulot « offert » par ceux la même qui vous vendent cet air incontournable….

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