« Bienvenue mes amis », une nouvelle destination s’ouvre aux investisseurs français, le Mississippi…

Brèves d'ailleurs, Exil fiscal
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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller en gestion de patrimoine. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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Ça tombe bien, parce que d’une part ce fut une terre française et d’autre part, il se trouve que le capital investissement français cherche à s’exiler!

Si le gouverneur du Mississippi termine son article avec ces mots, « Bienvenue mes amis », il le commence avec d’autres: « My message to French job-creators fleeing the nouveau régime: Mississippi welcomes you. » (Mon message aux créateurs d’emplois français qui fuient le « nouveau régime » (en français dans le texte): Le Mississippi vous accueille à bras ouverts. » . Si vous maîtrisez l’anglais, lisez l’article dans le texte, il vaut son pesant de cacahuète et est tout à fait révélateur de l’image que nous donnons au monde:              http://www.foreignpolicy.com/articles/2012/08/07/give_me_your_tired_your_poor_french_millionaires?page=0,0   (et si, par la même occasion un ou une d’entre vous se sent capable d’en faire une traduction fidèle dans un bon français, je me ferai une joie de la mettre en ligne, l’interprète officiel de MVMA est actuellement en train de se perfectionner outre atlantique et demeure injoignable). Si David Cameron faisait dans l’humour, lourd, certes, mais néanmoins humour, Haley Barbour, lui, fait dans la grosse artillerie. Il en appelle au passé français du Mississippi, à l’héritage des pionniers français à qui tant le Mississippi que les Etats Unis sont redevables et invite ouvertement les investisseurs et les créateurs d’entreprises à s’inscrire dans la continuité de cette histoire…

Il est exaspérant et insupportable de voir ainsi les forces vives de la Nation draguées impunément. Surtout que ce genre d’appel peut parfaitement être entendu. Aujourd’hui même, le quotidien La Tribune présente un article sur les capital investisseurs qui envisagent de quitter la France « Mais il n’y a pas que les très riches contribuables qui songent à quitter la France. Certaines professions particulièrement visées par des hausses d’impôts envisagent, elles aussi, une délocalisation à Londres, Bruxelles, Luxembourg ou Genève. C’est le cas du capital-investissement français, qui compte quelque 3.000 professionnels gérant un total de 80 milliards d’euros, investis dans 5.000 entreprises, dont 80% sont des PME de l’Hexagone. » Et le quotidien explique en quoi l’effet cumulé de trois mesures fiscales, le changement de régime fiscal du « carried interest », le projet de réduction de la déductibilité des intérêts de la dette contractée par les fonds de LBO et la fameuse taxe de 75% rend le départ des capital-investisseurs français non seulement envisageable, mais cohérent. Deux avocats témoignent, l’un a deux rendez vous par semaine avec des gérants de fonds qui envisagent de quitter la France, l’autre n’en revient pas d’avoir eu 120 personnes lors de sa dernière réunion d’information sur l’exil fiscal quand d’habitude il n’en avait qu’une trentaine. Si vous souhaitez lire l’article de La Tribune.

Ce n’est jamais bon signe pour une Nation de voir ses enfants les plus dynamiques émigrer. A chaque fois que cela est arrivé dans l’histoire, y compris dans l’histoire de France, cela s’est toujours soldé par une perte d’aura, de compétitivité et de richesse. Le capital investissement est prépondérant dans le financement du tissu des PME françaises. Si, comme le laisse supposer l’article de La Tribune, il est possible d’envisager pour ces fonds de continuer à fonctionner sur la France à partir de l’étranger, nous ne pouvons, dans un premier temps, que regretter qu’une nouvelle fois « l’impôt tue l’impôt » en faisant perdre à la Nation le bénéfice des impôts et taxes actuellement existantes dans le vain espoir d’en percevoir plus, et, dans un second temps, que craindre qu’à terme ces fonds ne commencent à s’intéresser de près au financement des entreprises des pays qui les auront accueillis, délaissant celui des entreprises françaises.

« Ephphetha »! (Ouvrez vous!) Pour ceux d’entre vous qui fréquentent encore les églises, l’Évangile de dimanche dernier était fort à propos. Il s’agissait de  celui dit « du sourd muet ». Ça ne vous rappelle personne? Oui, ben justement, c’est bien d’un miracle dont nous aurions besoin….

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