Les sous-marins français coulent en Norvège

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La France éliminée du marché norvégien des sous marinsLa Norvège n’a pas choisi la France mais l’Allemagne pour équiper sa flotte de sous marins…

Déception en France.

Dans la soirée du jeudi 2 février, la Norvège a informé DCNS, le constructeur français de frégates, porte-avions et autres bateaux de guerre, qu’elle ne lui commanderait pas de sous-marins Scorpene pour engager le renouvellement de sa flotte conventionnelle. Elle est composée de six bâtiments ULA (de type 212 allemands) mis en service entre 1989 et 1992. Ils doivent être retirés du service autour de 2025. «Apparemment, la ministre de la Défense norvégienne n’en avait pas informé Bernard Cazeneuve qui était en visite sur place il y a 48 heures», remarque-t-on dans l’entourage de DCNS.

Oslo a décidé de se tourner vers Tyssenkrupp Marine Systems (TKMS), le concurrent allemand du groupe français, pour lui fournir quatre sous-marins. La valeur du contrat est estimée à quelque 4 milliards d’euros. TKMS prend une petite revanche sur DCNS, contre lequel il a perdu l’affaire du siècle en Australie en 2016. Le groupe français a été choisi, fin avril 2016, comme partenaire stratégique de l’Australie dans le naval de défense dans le cadre d’un contrat pour 12 sous-marins océaniques Barracuda Shortfin pour une valeur de 34 milliards d’euros, dont 8 milliards pour DCNS et les industriels français.

Partage des coûts

Le constructeur français a pris acte de la décision du gouvernement norvégien. «Nous n’avons pas gagné ou perdu suite à un appel d’offres», précise Hervé Guillou, PDG de DCNS. «Il n’y avait pas d’appel d’offres mais ce qu’on appelle un dialogue compétitif entre l’État norvégien et deux groupes, DCNS et TKMS. Ce processus n’est pas allé à son terme. La Norvège a décidé de le suspendre et de sélectionner l’Allemagne comme partenaire stratégique», développe-t-il.

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DCNS, en lice avec le Scorpene, et TKMS, qui concourait avec un modèle dérivé du U-212, avaient été sélectionnés au printemps 2016, quatre ans après le lancement d’un programme destiné à moderniser la flotte conventionnelle de la marine norvégienne. Oslo soit signer un accord intergouvernemental avec Berlin . Les deux pays ont décidé de passer une commande conjointe pour six sous-marins (quatre pour la Norvège, deux pour l’Allemagne) et de partager les coûts d’acquisition, de développement, d’exploitation et maintenance. Une fois l’accord-cadre passé, les deux pays entameront des négociations exclusives avec TKMS dans la perspective de signer le contrat en bonne et due forme d’ici à 2019 «Nous restons disponibles pour reprendre les discussions notamment dans l’hypothèse où la coopération envisagée avec le gouvernement allemand n’aboutirait pas», a indiqué Hervé Guillou.

DCNS à l’affût en Pologne et aux Pays-Bas

La chancelière Angela Merkel doit en effet obtenir le feu vert du Parlement pour budgéter l’acquisition de ses deux sous-marins. Or, souligne-t-on en France, les élections fédérales sont prévues le 24 septembre 2017 outre-Rhin. DCNS estime que tout n’est pas encore joué. Bien que l’Allemagne ait déjà passé un partenariat avec la Norvège dans les sous-marins. Leur futur bâtiment doit être développé sur la base du modèle 212 déjà en service outre-Rhin mais aussi en Italie. Il devrait entrer en service à la fin de la prochaine décennie.

DCNS a-t-il encore ses chances en Pologne, avec laquelle l’Allemagne veut nouer des partenariats? Varsovie doit lancer une compétition pour acheter trois sous-marins conventionnels. Hervé Guillou estime que la France a toutes ses chances. D’autant que, contrairement à TKMS, DCNS peut proposer un sous-marin, le Scorpene, avec une capacité de missile de croisière naval. En Europe, le constructeur français est également prêt à répondre aux besoins de la marine hollandaise. Elle prévoit d’acheter quatre sous-marins qui pourraient être des gros bâteaux océaniques. Les Pays-Bas ont non seulement des besoins en matière de défense côtière mais encore des intérêts à défendre aux Antilles. «Un bateau de type Barracuda Shortfin pourrait répondre à leurs besoins», estime le PDG de DCNS.

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Source: LE FIGARO – Le Figaro Economie – Actualité économique et financière, conseils en gestion de patrimoine

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