La parité Euro/dollar va-t-elle durablement chuter?

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller en gestion de patrimoine. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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parité euro dollarGoldman Sachs voit l’Euro à un dollar dans deux ans, d’autres le voient même en dessous….

Depuis le 5 juin, date de la dernière baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), l’euro a perdu 3,8 % et est, quasiment, à son plus bas depuis le 6 septembre 2013. Certains vous diront qu’il s’agit d’une bouffée d’oxygène pour les entreprises exportatrices de la zone euro. Ceux là se leurrent, mais là n’est pas la question aujourd’hui.

Ce qui est nouveau, c’est que ce n’est sans doute pas fini… L’américain Goldman Sachs anticipe en effet un retour de la parité euro/dollar pour la fin 2017 ! Du jamais vu depuis 2002. La banque américaine nous a informés cette semaine avoir revu drastiquement en baisse ses prévisions pour la monnaie unique, puisqu’elle anticipait jusqu’alors un cours de 1,20 dollar pour 1 euro. La mise en place de cette nouvelle parité se ferait en douceur, sans plongée soudaine. Goldman Sachs mise sur un euro à 1,29 dollar fin 2014, puis 1,15 dollar fin 2015 et 1,05 dollar fin 2016. Pour les analystes de la banque, le « mouvement de baisse de l’euro est durable et c’est, de notre point de vue, le début d’une tendance ».

Pourquoi cette tendance?

Il s’agit de la conjugaison de deux phénomènes.

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Du côté américain, le dollar devrait profiter de l’évolution de l’écart de rendement entre les taux à 2 ans américains et ceux de la zone euro, où les taux allemands et français sont passés négatifs. Un écart qui devrait encore augmenter en cas de changement des anticipations économiques de la Fed dans les prochains mois, « en particulier si les statistiques américaines continuent de montrer une surperformance cyclique vis-à-vis des autres pays du G10 ». Le dollar a, donc, toutes les chances de refléter à l’avenir l’amélioration de la croissance américaine, et de l’état économique du pays.

Par contre, de l’autre côté de l’atlantique, la situation est toute autre. La zone Euro est en phase déflationniste. Pas l’ensemble de l’Europe, mais la zone Euro essentiellement. Dès lors, dans un mouvement naturel, ceux que l’on appelle (par contradiction avec les « zinzins ») les « investisseurs domestiques » vont accroître fortement leurs investissements hors de la zone euro. La réunion de la BCE qui va se tenir aujourd’hui, et qui va entériner le changement de cap de Mario Draghi en annonçant de nouvelles mesures non conventionnelles pour essayer de sortir la zone euro de l’ornière, va accélérer le phénomène. D’autant plus que Mario Draghi, patron de la BCE, a laissé entendre ces jours derniers qu’il faisait de l’affaiblissement de l’euro un point clef de la politique monétaire face au risque déflationniste.

Des éléments peuvent ils contrarier ce mouvement?

Plusieurs.

  • Tout d’abord, est ce que la Fed acceptera de voir grimper le dollar indéfiniment? On sait depuis toujours que la dévalorisation du dollar est l’élément central de la politique de désendettement des USA. Le récent discours prudent de la présidente  de la FED, Janet Yellen, laisse planer un doute.
  • Est ce que l’Allemagne acceptera de voir le résultat de son dynamisme et de sa rigueur absorbé par le laxisme de ceux qu’elle appelle « le Club Med »? La montée en puissance des voix appelant à sortir de la monnaie unique ou à la création d’une nouvelle monnaie unique se font de plus en plus fortes et de plus en plus pressantes. Soutenir les autres pays de la zone Euro coûte actuellement à l’Allemagne autant, en valeur relative, c’est à dire en pourcentage de PIB, que ne lui a coûté la réunification. Or, si un consensus existait à l’époque pour des sacrifices en vue de la réintégration de la partie du « Vaterland » dévastée par le communisme, ce consensus n’existe pas aujourd’hui pour le soutien de pays jugés « irresponsables » dans leur gestion.
  • Enfin, est ce qu’une telle politique de « lâcher prise » sur l’Euro a des chances d’obtenir des résultats? Là, les avis sont extrêmement divergeant entre les politiques et les économistes.
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Comment se positionner?

En tout état de cause, si vous possédez du monétaire libellé en euro, vous avez intérêt à changer votre fusil d’épaule. L’Euro ne sera pas vaillant dans les mois qui viennent, c’est une volonté affichée de la BCE. Si vous possédez de la dette institutionnelle libellée en Euro, c’est peut être le moment de revenir à de la dette libellée en dollar.

Cela est vrai aussi sur les placements à terme.

Comme d’habitude, je vous engage à vérifier sur les notices d’information le contenu des « fonds Euro » de vos assurance vie et à procéder à des arbitrages. Ne comptez pas trop sur vos « conseillers », surtout s’ils sont salariés de compagnies ou de banques pour vous avertir, prenez les devants.

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