Des banques allemandes taxent les dépôts des épargnants

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XVM26e9a148-cdaf-11e6-992a-728e996406f1La période des taux d’intérêts négatifs semble bien dépassée, pourtant, des banques allemandes taxent les dépôts. Un exemple que suivront les établissements français?

Faire payer aux clients leurs placements au sein d’une banque est une pratique qui se généralise dans les banques allemandes. Après la Deutsche Skatbank en 2014, c’est la Raiffeisenbank Gmund qui, en août dernier, avait décidé de taxer à hauteur de 0,4% les dépôts de ses clients au-delà de 100.000 euros. Elle a depuis été suivie par la Stadtsparkasse de la ville de Munich et la Volksbank de Hambourg. À partir du 1er avril 2017, la banque munichoise entend facturer à ses clients une rétribution de 0,4% pour les dépôts supérieurs à 250.000 euros. La Volksbank, de son côté, a choisi d’imposer à ses clients fortunés un taux de 0,2% sur les dépôts laissés sur les comptes à vue, à partir de 500.000 euros.

Cette politique tarifaire des banques est une conséquence directe de la politique de taux bas pratiquée par la BCE. Après la faillite de Lehman Brothers en 2008, un vent de panique a soufflé sur le marché interbancaire: plutôt que de se prêter de l’argent entre elles, les banques ont préféré entreposer leurs fonds à la BCE. Le montant des dépôts effectués auprès de cette dernière a donc explosé, passant d’un peu plus d’un milliard d’euros en 2008 à 950 milliards en 2014.

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La BCE a alors entamé une politique dissuasive afin de forcer les établissements bancaires à réinjecter leurs réserves dans l’économie, et a baissé son taux de dépôt (qui s’élève à -0,4% depuis mars 2016). A l’origine, les taux d’intérêt négatifs sont apparus sur le marché interbancaire, en principe accessible aux seuls banques et établissements visés à l’article L. 518-1 du Code monétaire et financier, et strictement réglementé par la BCE: ils n’étaient donc au début pas censés s’appliquer aux clients des banques.

Vers une taxation des clients des banques en France?

Si les banques commerciales ont abaissé le taux d’intérêt de certains de leurs produits d’épargne, pour l’instant, il n’est pas question de proposer des taux d’intérêt négatifs. Reste que la politique de taux d’intérêt de la BCE amoindrit considérablement les marges des banques, qui cherchent à répercuter d’une manière ou d’une autre ces frais à leurs clients. En France, le groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne (BPCE) a déjà décidé de taxer certains de ses clients «grand corporate», c’est-à-dire les grandes entreprises, comme Natixis le fait aussi pour certains grands comptes. «Lorsque leur taille de trésorerie est significative, nous facturons des commissions. Les entreprises sont à même de comprendre que, dans l’environnement de taux négatifs, les dépôts à vue ne peuvent plus être rémunérés comme par le passé», avait ainsi déclaré François Pérol, le directeur du groupe.

Cependant, la perspective d’une taxation des dépôts des particuliers français semble pour l’instant peu probable: la demande de crédits en France reste dynamique – 47,2% des ménages ont souscrit un crédit en 2014, tous crédits confondus – ce qui compense en partie la perte de profits des banques. Et ces dernières ont également trouvé d’autres moyens de gonfler leurs profits, notamment en facturant des frais de tenue de compte.

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Source: LE FIGARO – Le Figaro – Placements : Actualité et conseils pour vos investissements, placements et gestion de patrimoine

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