Crédit Immobilier de France: le sol approche… Adieu!

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Homme blanc, Breton, catholique et hétérosexuel. Accessoirement économiste et Conseiller auprès de chefs d'entreprises. Créateur (entre autres) du site d'information économique MaVieMonArgent.info, du site d'observation de la corruption tous-pourris.fr et de quelques autres...

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Le Crédit Immobilier de France est incapable de payer sa dette d’Octobre. Il est virtuellement mort. Que va faire le gouvernement? 

Les 10 et 21 mai dernier, nous vous annoncions que le Crédit Immobilier de France n’était plus viable et qu’il ne pourrait pas se sauver sans l’aide extérieure d’une structure solide.

Aujourd’hui, une dépêche AFP annonce que Moody’s aurait abaissé la note de CIF de trois crans. Il s’agit en fait d’une confirmation. Cette confirmation, comme nous l’écrivions déjà en mai dernier, vient sanctionner la situation de la Banque sur les marchés. Nous sommes au pied du mur. La banque n’a plus accès depuis plusieurs mois aux marchés pour se refinancer et doit régler une dette de 1,75Md€ début octobre. Elle n’a pas le premier fifrelin pour payer. Défaut? Que va faire le gouvernement? Nationaliser? (MVMA, toujours à la pointe de l’information importante, vous a invités, tout au long du mois d’Août, à vous prononcer sur le sujet. Regardez le résultat du sondage, là, à droite de l’article…)

Le scénario d’une nationalisation du CIF n’a jamais été formellement démenti par les autorités françaises. Un sauvetage serait en tout état de cause un sérieux coup dur pour le système bancaire français et un test grandeur nature pour le nouveau gouvernement. En effet, le président Hollande a promis pendant sa campagne électorale de rendre le système bancaire plus sûr pour éviter aux contribuables de devoir payer la facture en cas de sauvetage d’une banque. Voici la première occasion de montrer à quoi il pensait. C’est d’autant plus intéressant qu’il n’est pas impossible que ce genre de situation ne se représente pour d’autres établissements. Et la manière dont l’affaire CIF (finalement un petit enjeu au regard de ce qui risque de tomber dans le courant de l’année prochaine) déterminera, tant aux yeux des banques qu’aux yeux des usagers des banques et aux yeux des contribuables la manière dont réagira l’Etat. Une nationalisation, et c’est le feu vert à tous les excès, les banques se croyant garanties par la fameuse loi « à moi les profits, à l’Etat les pertes ». Un plantage et c’est le spectre de la crise systémique. Pas tout de suite, les CDS sur la dette de CIF ne doivent représenter grand chose, mais si le signal gouvernemental serait « laisser faire » (politique hautement libérale dans son esprit) et les professionnels sachant ce que valent (en vrai, regardez la video de Olivier Delamarche du 28 Août, à droite en dessous du sondage..) les banques françaises, le cours des CDS vont s’envoler, et la crise va s’amorcer plus vite que prévu avec des conséquences sur tout le système bancaire européen.

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Une attitude qui ressemblerait bien à notre Président serait de faire sans faire tout en disant qu’il ne fait pas mais qu’il a néanmoins résolu le problème. A quoi cela pourrait il ressembler? A un ordre donné à une banque dépendant de l’Etat de reprendre CIF. Ah oui, cela permettrait de dire que l’Etat, à proprement parlé, n’a pas sorti un cent mais qu’il est intervenu pour sauver un établissement jouant un rôle prépondérant dans le logement social. Le problème, c’est que visiblement, il va falloir le donner, cet ordre. Parce que depuis le temps que la piste Banque Postale est évoquée, on ne peut pas dire que cette dernière se soit précipitée de joie à l’idée de jouer les bons Samaritains. BPCE a jeté l’éponge dès le départ de l’affaire (trop occupée avec Natixis?), Crédit Agricole a deux ou trois autres problèmes à régler et cherche plus à se débarrasser de ses canards boiteux qu’à en récupérer… « On » dit, dans les milieux qui se disent (ou se croient) bien informés qu’HSBC, qui avait été mandatée pour trouver un repreneur, a jeté l’éponge, estimant qu’il n’y a plus d’autre solution raisonnable que la nationalisation.

Alors, Banque Postale ou nationalisation? la Banque Postale est déjà obligée d’avaler la couleuvre Dexia, au moins pour sa partie financement des collectivités locales. Le dossier est bouclé, il ne manque plus que l’aval de Bruxelles. Reprendre dans la foulée le Crédit Immobilier de France est « limite raisonnable ». Bien sûr, une équipe étudie la chose, mais sans grande conviction. On dit, pudiquement, que le dossier « Dexia » mobilise déjà les énergies. Politiquement, il est à peu près certain que le gouvernement va donner l’ordre à Banque Postale de reprendre CIF. Avec le risque de fragiliser le repreneur. Nous risquons donc de voir se jouer une partie de poker menteur dans laquelle le but de la direction de la banque sera probablement de noircir un maximum le tableau (plus qu’il n’est, cela risque de devenir un « trou » noir, et non plus un tableau) afin de négocier des compensations…. Les semaines qui viennent seront intéressantes!

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Addendum du 30/08/2012:

En pleine confirmation de ce que nous vous annoncions hier (ci dessus), le match entre la direction de la Banque Postale et le gouvernement est lancé. Ce matin, devant le conseil d’administration de La Poste, Philippe Wahl, le président du directoire de La Banque Postale, a redit son opposition au sauvetage du Crédit Immobilier de France. Il a déclaré ce matin: «Pour l’instant, les conditions ne sont pas réunies»,  «Pour autant les discussions ne sont pas closes». Outre les raisons évoquées dans notre article plus haut, Philippe Wahl a cité l’affaire Appollonia dans laquelle le Crédit Immobilier est englué et dont le périmètre d’avoirs douteux tourne autour de 340M€ comme étant une raison supplémentaire de ne pas s’encombrer de la banque en difficulté (il noircit le tableau comme prévu). Il a terminé son exposé sur le sujet en attirant l’attention du CA de la Poste sur le fait qu’à la lecture des comptes semestriels publiés de ce matin, La Banque Postale démontrait qu’elle n’avait besoin de personne pour faire du crédit immobilier, puisque ses encours en la matière ont progressé de plus de 8 % sur le premier semestre de l’année!

Le Président du Directoire de La Banque Postale a mis la barre haut, le match est lancé.

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3 comments

  • … tout ça c’est de la mecanique… de table de jeu, vous le dites, on vous croit sans peine!

    ce qui serait interressant, pour trouver une « vraie » solution, serait de savoir pourquoi le CIF se trouve dans cet etrat là :

    – defaut de couverture (levier trop important donc)
    – defaut commercial (diminution des prets)sans reduction de voilure
    – defaut des clients (montant des retards ou impayés importants)
    – engagements exterieurs (autre que le coeur de metier) pourris

    … et un peu de tout ça egalement…

  • admin dit :Bonjour, Oui, vous avez des chances, mais vous en auierz bien plus si vous aviez un solde de compte positif sur les derniers mois, d’autant plus que vous avez la somme suffisante sur votre CODEVI afin de pas l’eatre.A ce jour, un projet immobilier ne se concre9tise pas forcement rapidement, vous avez donc le temps de de9montrer que votre compte n’est pas e0 de9couvert e0 la fin de chaque mois.

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