Benoît Hamon «gauchise» son programme économique

Présidentielle 2017
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Benoit Hamon présente son programme économiqueBenoît Hamon nous avait déjà servi un salmigondis de poncifs pseudo social-libéraux sur « l’évolution » du travail et de la société. Il revient dessus avec quelques concessions marxisantes

Les grandes lignes de son programme économique étaient déjà connues mais Benoît Hamon a précisé certaines des mesures qu’il souhaitait mettre en oeuvre s’il était élu, dans une interview parue dans Le Parisien ce matin puis lors d’une sur la chaîne BFM TV.

Le poncif du « changement de modèle »

Le candidat socialiste a notamment déclaré vouloir «tourner la page» en changeant de modèle de développement.

«Nous ne pouvons plus continuer à produire et à consommer comme nous le faisons», a-t-il expliqué en évoquant la transition écologique et la crise du travail.

Des concessions pour espérer rallier des soutiens du PS

Certaines propositions, dont il ne parlait pas auparavant, constituent un signal envoyé à gauche. Voici ses principales déclarations de la matinée sur le terrain économique.

Ce qui est nouveau (ou plus détaillé qu’avant):

• Une taxe sur les superprofits

Pour financer le revenu universel, qui coûtera 35 milliards d’euros dans sa première étape, Benoît Hamon souhaite faire appel à des financements innovants comme «une taxe sur les superprofits des banques». «Je souhaite que les banques que nous avons collectivement aidées à survivre à la crise participent à la sortie de crise», explique-t-il. Une mesure symbolique qui rappelle forcément le discours du Bourget de François Hollande, en janvier 2012, où l’actuel chef de l’Etat avait déclaré: «Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance». Une mesure qui semble difficilement applicable lorsque l’on sait que le candidat a aussi déclaré qu’il provoquerait un défaut sur la dette de la France…. Défaut plus sur-taxe, autant qu’il annonce la destruction du système bancaire!

• Nationalisations temporaires et lutte contre les délocalisations

Le candidat socialiste ne s’interdit pas de nationaliser temporairement certaines entreprises. «La question de la nationalisation s’était posée sur Florange ou Alstom […] Je ne m’interdis pas par dogme ou par idéologie d’utiliser tous les instruments qui peuvent être mobilisés pour maintenir la compétitivité de notre industrie et les emplois», précise Benoît Hamon. Des propos qui rappellent les prises de position d’Arnaud Montebourg. Début janvier 2017, l’ancien ministre du redressement productif se prononçait en faveur d’une nationalisation temporaire du groupe de construction navale STX. Benoît Hamon veut également supprimer les aides publiques pour les entreprises qui délocalisent.

La meilleure décision serait de supprimer toute aide publique. Mais jamais aucun candidat socialiste ne pourra proposer cela, puisque la main mise sur le financement des entreprise est un outils interventionniste.

• La priorité au «Made in France»

Benoît Hamon souhaite aussi réserver 50% des marchés publics aux TPE et PME. «Cette mesure fait véritablement de la commande publique un levier à partir duquel nous pourrons stimuler le tissu économique et social», argumente-t-il.

A ceux qui estiment que cette mesure serait inapplicable, car contraire au droit européen, le candidat socialiste répond: «Nous ciblons les entreprises selon leur taille, pas selon leur nationalité». Cette mesure est censée privilégier les circuits courts.

Il serait beaucoup plus simple de faire en sorte que la politique sociale menée en France permette naturellement aux entreprises d’être compétitives…

• Réorientation du CICE et investissements stratégiques

«10 milliards du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (NDLR: sur 40 milliards) seront redirigés vers le financement des nouvelles politiques, comme le revenu universel ou la recherche et l’innovation», explique Benoît Hamon. Pour réduire le chômage, il souhaite également mettre en oeuvre des investissements stratégiques et «porter l’effort de recherche et développement à 3% du PIB».

Le CICE ne doit pas exister, il ne sert là encore qu’à redistribuer sous condition une partie des capitaux confisqués par l’Etat en amont. Quand à l’effort « recherche et développement, il serait plus opportun de mieux en gérer l’usage.

Les propositions phares déjà connues

• Le revenu universel

Le revenu universel, qui coûtera 35 milliards d’euros dans sa première étape, sera mis en place au 1er janvier 2018, détaille Benoît Hamon. «Il ne couvre que la prime d’activité et le RSA», précise-t-il. «Il s’adressera à tous les travailleurs gagnant entre 0 et 2.800 euros brut […] C’est un soutien au pouvoir d’achat pour 19 millions de Français , salariés, agriculteurs et indépendants», poursuit celui qui se définit comme «le candidat du pouvoir d’achat et de la feuille de paie».

Et voilà, le Revenu Universel devient, versus socialiste, une allocation supplémentaire, ce qu’il n’est bien évidemment pas…

• La taxe sur les robots

Pour mettre fin à ce qu’il appelle la «destruction destructrice», en faisant référence à la thèse de l’économiste Joseph Schumpeter, Benoît Hamon souhaite taxer les robots. «Je propose que la richesse créée par les robots serve à financer un fonds de transition travail dédié à la formation, au retour vers l’emploi des personnes dont le travail est désormais effectué par une machine intelligente», explique-t-il en citant Bill Gates, qui défend lui aussi une taxe sur les robots.

Après avoir détruit l’emploi industriel avec une sur-taxation du travail, voici venu le temps de tuer la robotisation avec une sur-taxation des machines….

• La transition écologique

Benoît Hamon souhaite engager la conversion écologique de l’économie en réduisant notamment le parc nucléaire français – avec un objectif de 50% d’énergies renouvelables dès 2025 – et en sortant du diesel à l’horizon 2025 pour les voitures neuves. «Un plan de 100 milliards sur 5 ans sera mis en oeuvre pour la rénovation urbaine et thermique», explique aussi le candidat socialiste.

No comment, nous sommes dans l’idéologie pure….

PÊLE-MÊLE:

  • La modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de la part de bénéfices réinvestis,
  • L’abrogation de la loi travail,
  • L’opposition aux traités de libre-échange notamment le CETA,
  • La hausse du SMIC (de 1.150 euros net mensuels à 1.350 euros) et des minimas sociaux,
  • L’encadrement des contrats précaires,
  • La baisse du temps de travail basée sur un mécanisme d’incitation financière pour les entreprises,
  • Une révision de la loi de séparation bancaire «en cloisonnant vraiment» les activités de dépôt et de spéculation.

Source: LE FIGARO – Le Figaro Economie – Actualité économique et financière, conseils en gestion de patrimoine

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